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WWW.DIRECTABIDJAN.COM Interview du Dr Martial Ahipeaud – 6 février 2009

Posté par drmartialahipeaudpresse le 7 février 2009

AHIPEAUD Martial, Président de l’UDL « L’Afrique est fatiguée de voir les hommes aux petits pieds et de gros ventres »

De passage à Paris, le Président de l’UDL a bien voulu frepondre à l’invitation de DirectAbidjan.com

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Publié dans REVUE DE PRESSE | Commentaires fermés

www.connectionivoirienne.net – Interview du Dr Martial Ahipeau – 3ème partie le 5 février 2009

Posté par drmartialahipeaudpresse le 7 février 2009

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Interview Exclusive: Dr Joseph Martial Ahipeaud Président de l’UDL á cœur ouvert ! 3e partie

05/02/09  •  le Journal de Connection  •  Catégorie : Le Journal de Connection Ivoirienne

Par Gbansé Douadé Alexis -Rédacteur en chef du Journal de Connectionivoirienne.net

Pour lire les deux premières parties de l’interview suivez les liens ci-dessous:

Première partie

Deuxième partie

Premier Leader historique de la célèbre Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte-d’Ivoire (la FESCI), il veut être le prochain Président de la République de Côte-d’Ivoire. Depuis peu enseignant á l’Université de Bouaké, la Rédaction de Connectionivoirienne.net l’a récemment rencontré á Londres, où il était en visite de travail. Troisième et dernière partie d’une Interview inédite

Et aujourd’hui quelles sont vos relations avec M. Moriféré ?

Avec tous les responsables de l’ex gauche démocratique ce sont de très bon rapports. Quand je suis á Abidjan je les rencontre. C’est pas parce que nous avons des contradictions idéologiques que nous n’allons pas avoir des rapports personnels, moi je mets le combat politique en dehors de nos considérations personnelles. Par exemple je n’ai pas été d’accord avec le FPI sur la question de l’ivoirité, ça ne veut pas dire que j’ai des griefs personnels envers Laurent, au contraire ce sont des amis, ce sont des frères, ce sont des aînés que j’aime beaucoup, mais même si c’était mon père, même si c’était mes frères biologiques, s’ils avaient des positions idéologiques que je n’admets pas je ne vais pas les supporter, c’est une question d’éducation, c’est une question de principes, une question de principes politiques.

Vous avez quitté la Fesci, vous vous êtes retrouvé en Angleterre en 1994 et par la suite on vous a vu sympathiser avec le commandant Gaoudi Oulata, avec le Général Guéi et plus tard avec le Colonel Gnamien Konan, avec l’UDPCI. Qu’est ce qui motive cette démarche ? Apparemment il n’y a á première vue pas de logique ?

Avec la transition militaire, j’ai été appelé par Gaoudi personnellement parce qu’il m’a trouvé ici en Angleterre après avoir fait un détour dans un pays africain etc…Le principe c’était de les aider á résoudre les problèmes estudiantins, après je me suis rendu compte que la contradiction entre le FPI et le RDR allait aboutir á la guerre. Et donc quand je faisais mes analyses c’était seulement le général qui pouvait prévenir cela en restant plus au pouvoir mais par le biais de ces élections pour régler cette confrontation qui s’annonçait lourdement entre le FPI et le RDR. Bon, cela n’a pas réussi et donc ça a donné le résultat que nous connaissons aujourd’hui. Je regrette de n’avoir pas été capable de créer les conditions du succès de notre médiation entre ces deux aînés durant cette période. Avec le colonel Gnamien on s’est rencontré sur la plate-forme de la troisième voie. Nous souhaitons construire un ensemble politique différent des deux ensembles du CNRD et du RHDP. On s’était rencontré. Je lui avais expliqué que ce n’était pas une démarche cavalière mais que la procédure devait être fondamentalement collective. Malheureusement je pense qu’on ne s’est pas bien compris sur la méthodologie, ça ne veut pas dire qu’on ne va pas relancer nos relations. Mais aujourd’hui, moi je vois plutôt un mouvement social, je ne vois pas un mouvement individuel. Il ne s’agit pas pour Ahipeaud d’être président, il s’agit pour Ahipeaud d’emmener á une prise de conscience de l’ensemble de la société ivoirienne pour dire non á une société de connivence et de pillage et faire aboutir la procédure de réclamation ou si vous voulez d’exigence du respect de la démocratie et de la liberté individuelle dans notre pays. Voilà la question et la vision de la troisième voie. Malheureusement avec le colonel Gnamien on ne s’est pas encore bien compris, il est entrain de faire son expérience, de mon coté aussi je fais mon expérience, sûrement que par la grâce de Dieu on pourra se retrouver demain, si c’est la volonté de Dieu.

Cela veut dire que vous n’avez pas de contact en ce moment ? Vous n’avez pas un cadre de discussion ?

Non, Non pas du tout ! Il n’ya pas eu de rupture en tant que telle mais c’est-à-dire qu’il ya eu éloignement l’un vis-à-vis de l’autre. Mais je n’ai pas envie s’assumer les conséquences d’une démarche qui n’est pas mienne. Voilá ! Donc comme la méthodologie n’est pas encore celle á laquelle j’ai pensée, chacun doit pouvoir faire son expérience et puis on verra plus tard.

Quand vous parlez de méthodologie cela veut que vous vous pensiez á un mouvement d’ensemble, un mouvement plus collectif ?

Exactement. Moi je n’ai jamais vu la lutte politique comme une lutte individuelle. Je la vois plutôt comme une lutte collective. Et dans le cadre actuel de notre pays je pense que la sortie de crise doit être le fait de l’ensemble des ivoiriens. Alors que les deux grands ensembles d’aujourd’hui sont dans une dynamique personnelle, donc ce que nous devons faire c’est d’amener les ivoiriens á prendre conscience, á dénoncer la société de connivence et de pillage et puis de permettre á tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette dynamique-là, qui se disent que la CI doit être un pays démocratique, pas un pays pris en otage par quelques individus, pour que nous puissions nous retrouver tous et qu’on travaille á une sortie de crise effective. Mais ce n’est pas une affaire d’Ahipeaud, pas une affaire de Gnamien, ce n’est pas une affaire de Bamba mais c’est une affaire de l’ensemble de tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la procédure actuelle, dans le processus actuel.

Etes vous conscient du fait que les militants du FPI, du Front Populaire Ivoirien vous en veulent particulièrement pour vos choix effectués en 2000 ?

Pourquoi ils peuvent m’en vouloir ? Je suis un homme libre de choisir. J’ai mon opinion.

Mais eux ils estiment que vous étiez l’un des leurs ?

Non ! Vous savez il ne faut pas qu’on personnalise le débat. Moi j’ai été un enfant d’Houphouët Boigny. Vous voyez non !  En 90, j’ai estimé en âme et conscience qu’il fallait le multipartisme. J’ai lutté aux cotés de Laurent, aux cotés de Bamba, aux cotés de Zadi pour qu’on ait le multipartisme. C’est nous les étudiants qui avons amené le multipartisme. Quand il s’agissait de défendre le multipartisme et la démocratie on s’est battus jusqu’au bout. Vous comprenez ! Lorsqu’il y a eu le coup d’état, si Laurent a estimé qu’il pouvait adopter les thèses du PDCI tendance Bédié, notamment l’Ivoirité, moi je ne me reconnais pas dans cette tendance, je ne peux pas accepter de lutter dans ces conditions-là. Je l’ai exprimé clairement á Laurent. Je lui ai dit que je ne me reconnais pas dedans. Si nous nous retrouvions dans une dynamique comme on l’avait fait par le passé et que moi je faisais défection, là on pouvait éventuellement m’accuser d’avoir fait défection par rapport á nos grands principes de liberté, de lutte contre la corruption etc. Toutes ces valeurs ont été reléguées, ont été mises dans les armoires et aujourd’hui on a une gestion tout á fait calamiteuse de l’économie nationale. Vous voulez que nous qui avons lutté pour qu’il ait la transparence, la bonne gouvernance, pour qu’il y ait t la justice sociale comment voulez vous que, nous on assume une telle situation alors qu’en réalité ça n’a rien á voir avec nos convictions. Donc c’est pas des problèmes de personnes c’est une question de principe. Est-ce que les militants ils sont d’accord que ce qui se passe aujourd’hui, est-ce effectivement le reflet de leurs idéaux ? Moi je demande ça aux militants du FPI. Est-ce que c’est ce pour quoi ils ont lutté, ce pour quoi ils ont estimé que Houphouët ne devait pas gérer le pays, est ce que c’est ce qu’ils voulaient que le pays soit ? On ne peut pas m’accuser d’avoir compris très tôt qu’on n’était pas dans une bonne dynamique. Moi j’ai exigé qu’il y ait un débat, une confrontation pour qu’on sache la faute vient de qui ?

Lorsque qu’on aborde la question de l’ivoirité, eux ils disent qu’en 2000, le général Guéi a imposé le ET qui était signe d’exclusion et vous n’avez pas été á mesure de prendre vos distances vis-à-vis du Général ?

Non, c’est pas le général ! (un peu énervé) C’est pourquoi que je n’aime pas la mauvaise foi !

C’est pourquoi on fait une interview ?

Je n’aime pas la mauvaise foi parce que le général Guéi est venu, il a mis une Commission consultative constitutionnelle qui était la CCCE dont le président était Ouraga Obou si je me rappelle bien. Et les différentes composantes de cette commission étaient entre autres les partis politiques. Ce sont le FPI et les associations proches du PDCI qui ont fait une alliance á l’intérieur de la CCCE pour imposer une constitution écrite et proposée par le FPI. Mon ami Attéby William qui est aujourd’hui député FPI m’a dit en l’an 2000 que c’est eux…c’est lui qui a fait la proposition du ET. Donc faut pas qu’on change l’histoire pour éventuellement mettre ça sur le dos de quelqu’un. Quand on a fait quelque chose il faut l’assumer jusqu’au bout. Cette constitution est une proposition du FPI supportée par le PDCI au sein de la CCCE qui visait sur une base mécanique le RDR, et qui ont adopté la stratégie de l’émeute permanente pour éventuellement faire passer la constitution telle qu’elle est aujourd’hui. Moi en son temps j’avais alerté les différents protagonistes. Je leur avais dit que c’était pas responsable et qu’il fallait éviter de créer des conditions d’instabilité systémique. Parce qu’il s’agissait de construire un nouveau système ! Et aujourd’hui on est dans cette logique-là ! Si vous prenez cette constitution vous voyez très bien qu’il ya des éléments qui sont complètement faux dedans. De l’article 35 á l’article 45 c’est archi-merdieux, c’est vraiment, c’est du n’importe quoi qui a été écrit là, mais en même temps on se rend compte que cette constitution a été conçue pour gérer une situation de crise. Et donc nous autres quand on pousse un peu la réflexion on se rend compte que tout était chronométré. Quand aujourd’hui on nous soulève la thèse de la guerre civile comme étant la cause de tous les malheurs on s’interroge un peu !

Vous doutez en fait, vous n’y croyez pas ?

Non ! Quand vous prenez une constitution qui vous dit que en cas de crise le président reste en place, ça veut dire quoi ? Cela veut dire qu’on prévoit la crise ou bien ? Pourquoi peut-on prévoir une crise alors qu’on est supposé sortir d’une transition du parti unique vers la démocratie si c’est pas parce que on sait qu’on a introduit des éléments qui vont occasionner cette crise-là ?

Donc vous êtes d’accord avec ceux qui disent qu’il faut une troisième République ?

( Il hausse le ton) Nous disons que…nous pour nous depuis l’an 2000 á partir du moment où il était clairement inscrit dans la constitution que l’instabilité allait advenir, il fallait dépasser cela et puis rentrer dans la troisième république. C’est pourquoi aujourd’hui nous disons qu’il est important de revenir sur les questions de fond pour qu’effectivement nous adoptons une nouvelle démarche. Ces questions de fond imposent nécessairement la remise en cause, pas de la constitution en tant que telle mais quelques éléments, quelques articles de cette constitution. Les articles qui sont liés au pouvoir du président de la République. Comment pensez-vous qu’on rentre dans une démocratie et le Président de la République, il est l’alpha et l’oméga de tout l’Etat ? Cela n’est pas normal ! Comment pouvez-vous accepter que des gens qui disent qu’ils sont des démocrates acceptent le principe de l’élection á deux tours pour le président et après ils veulent seulement des élections a un tour pour les députés ? Tout simplement pour maintenir la logique des bastions ethniques. On ne peut pas accepter ça ! Il faut revoir tous ces éléments là.

En fait c’est le régime présidentiel même, le régime politique même qui est en jeu ?

Le système politique est un problème parce qu’il crée les conditions d’une monarchie clanique, puisque dans les faits le président devient un monarque et comme il dirige toujours avec un clan et si tu n’es pas dans ce clan-là tu as un problème dans le pays. Donc cela n’a rien á voir avec une question de Koudou ou de Bedié. C’est une question liée au système. Donc nous disons aujourd’hui qu’il faut changer le système. Comment pouvez vous comprendre qu’aujourd’hui un pays comme les Etats-Unis quand le président fait des nominations, mais ceux qui sont nommés ils sont obligés de passer devant le Senat pour être interviewés, interrogés et on fouille dans leur vie ce qu’ils ont posé comme actes pour qu’effectivement le parlement américain qui donne son avis. Mais en Côte-d’Ivoire le ministre il ne dépend pas, il ne répond de rien ! Il fait ce qu’il veut et puis le lendemain il est parti. Vous comprenez ? ce n’est pas normal. On ne peut pas construire notre pays sans pouvoir remettre tout cela en cause. Donc c’est vrai les accords de Ouaga sont entrain de trainer parce que justement il est important qu’on revienne sur cette procédure pour qu’on discute, qu’on adopte un nouveau système politique dans lequel le président si il doit demeurer il ne peut pas être le chef de toute l’administration ou alors dans lequel c’est lui seul… Par exemple qu’est ce que nous on avait proposé. On avait proposé que les élections présidentielle et législatives se tiennent en même temps. Mais pourquoi les trois partis ne prennent pas position par rapport á ça, parce qu’ils savent très bien que leur objectif c’est d’être président et ensuite de truquer les élections législatives. Dans une logique de manipulation toujours des procédures électorales. Donc vous comprenez que il y a des questions de fond qui se posent. Nous nous sommes une génération qui s’est battue pour la liberté, le multipartisme. Est-ce qu’on est satisfaits avec ce qui se passe ? C’est la question fondamentale á laquelle chacun d’entre nous doit répondre. Si on est satisfait on rentre dans le système et puis on se tait mais si on n’est pas satisfaits je pense qu’il faut se battre pour que cela change.

On va passer á la transition militaire. Quel était votre niveau de responsabilité dans l’équipe autour du général Guéi Robert ?

Pour vous répondre directement je n’ai eu aucune responsabilité, je n’ai occupé aucun poste, je n’ai eu aucune nomination du tout. Pendant la période de campagne électorale á partir d’Aout 2000, j’ai géré un peu et même pas officiellement, parce que dans l’équipe de campagne de Guéi ils ne m’ont même pas mis comme responsable de campagne des jeunes. Donc je n’ai même pas occupé de poste dans son entourage.

Mais vous avez quand même battu campagne pour lui ?

Oui j’ai battu campagne pour lui en tant que société civile.

En tant que société civile pour le Général Guéi Robert ?

Je n’étais pas dans son équipe de campagne, vous pouvez consulter toutes les archives pour cela. On avait estimé á cette époque que la guerre entre le FPI et le RDR allait conduire le pays dans le désordre donc il fallait éviter cela, sur cette base-là pour permettre á la stabilité de notre pays d’être il fallait permettre á Guéi de continuer le mandat.

Pendant les élections lorsque la tension est montée, aviez-vous accès au général Guéi Robert dans ces moments ?

Non. Moi j’ai fini la campagne le vendredi soir et puis je suis rentré. On a eu que 10 millions pour la campagne, il faut que je vous précise ça. Donc on a repartie cette somme entre toutes les associations. Et puis quand nous on a fini la campagne moi je suis rentré complètement éreinté. Samedi je suis tombé malade jusqu’à pratiquement le mardi, le mercredi. C’est donc au nom de la CAUSE (La Coalition pour la Stabilité en Eburnie) notre structure, que j’ai fait campagne pour Guéi parce que j’estimais que les dés étaient pipés et telles que les choses étaient on rentrait dans une dynamique de guerre.

Mais apparemment vous n’avez pas été bien compris ?

Je n’ai pas été bien compris parce que á cette époque le débat était piégé globalement. Parce que les partis dominant aujourd’hui sur l’échiquier politique avaient chacun leur agenda. Il faisait tout pour que ce soit leurs points de vue qui comptent. Guéi n’avait en tant quel tel pas un appareil politique, il s’est fait entouré pour l’essentiel des responsables du FPI et du PDCI. Sa direction de campagne était tenue pour l’essentiel par les cadres du PDCI très proches comme on le constate aujourd’hui de Bédié. Vous comprenez que l’individu n’étant pas un homme politique il s’est fait rouler dans la farine par la coalition du front patriotique qui était composée á cette époque du FPI et du PDCI. Donc, c’était normal ce qui s’est passé par la suite. Moi en réalité c’est sur une base de principe que, parce que j’avais clairement indiqué á Laurent (Gbagbo) que moi je n’étais pas pour que on lutte pendant 10 ans et á l’arrivée il y ait une gestion aussi approximative des conditions électorales. Donc c’est pour marquer mon désaccord officiel d’avec lui que j’ai soutenu Guéi. C’était ça ma position officielle ! Je pouvais si tu veux,… beaucoup de mes camarades m’ont reproché cela. Ils m’ont dit non toi tu n’as pas agit en homme politique tu as agit sur le coup de l’émotion ! Je peux le reconnaître mais moi je ne peux pas faire la politique dans ces conditions. Tu préfères, parce que tu penses que tu vas devenir un homme providentiel, tu préfères que les autres aillent á la casse-pipe et puis bon toi tu reviens comme un sauveur. Moi j’ai préféré faire ma rupture officielle avec tous ces camarades pour leur montrer mon désaccord total de la procédure et des questions de fond.

Mais par la suite vous avez rompu d’avec l’UDPCI ?

J’étais á Londres quand il ya eu la création de l’UDPCI. Avant de quitter Abidjan il ya eu la création de l’Alliance des Forces Démocratiques avec Ballo Yacouba, comme un parti. Moi j’étais maintenant á Londres entrain de finir ma thèse et le général m’a appelé pour me demander de faire en sorte que nous puissions rejoindre les anciens du PDCI qui étaient avec lui pour créer l’UDPCI, je lui avais dit que franchement j’estimais que c’était un peu difficile parce que eux ils avaient une idéologie, une vision différente de la mienne. Il m’avait rassuré comme quoi il fallait qu’on constitue un front et que même si nous on avait l’Alliance, il souhaitait qu’on soit autour de lui. C’est comme ça j’ai donné ma caution pour que les camarades de la CAUSE qui étaient les membres fondateurs de l’Alliance des Forces Démocratiques, que dirigent aujourd’hui Ballo Yacouba puissent rejoindre le parti que le général était entrain de mettre en place. Donc il a créé le parti, je n’étais pas á Abidjan et puis il a fait son bureau et il m’a mis dedans. Et on a même pas pu faire une réunion de bureau et il a été exécuté comme vous le savez. Je n’ai même pas pu participer á une réunion de direction de l’UDPCI. 

Qui sont ceux qui vous en voulaient devant la RTI le jour de la prise de pouvoir par Laurent Gbagbo ?

Non, personne ne m’a en voulu. Ce qui s’est passé ce jour lá, moi j’étais á la maison chez ma belle mère, une Libanaise (elle est aujourd’hui décédée paix á son âme), qui s’est fait d’ailleurs agressée par des gens au lendemain de la crise de 2002, je remercie ces camarades-là. Parce soit dit en passant cette dame, c’est elle est qui a servi de siège á la FESCI pendant toute la période où j’ai été Secrétaire Général, comme ils ne connaissent pas l’histoire ils ont violé vraiment un totem qui était vraiment grave. C’est cette bonne dame qui nous a servi de toit et de siège pendant toutes ces années de braise. Et les gens sont venus me trouver là pour me dire que le peuple exigeait que Guéi quitte le pouvoir. Moi j’étais malade, je leur ai dit mais moi je suis couché chez moi. Donc les gendarmes m’ont arrêté et puis bon on m’a entrainé devant la RTI où il ya avait des milliers de personnes dont certains ont fait mouvement vers moi, parce qu’on savait que j’avais une position de principe. Je suis resté là et puis après á 17 heures les militaires m’ont déposé chez mon grand-frère. J’ai attendu que la situation se calme et au mois de novembre je suis revenu á Londres.

Londres. Ça me donne l’occasion d’introduire un propos de l’un de vos camarades. Il dit ceci : « je lance un appel à nous retrouver afin de voir ensemble quels sont les voies et moyens que nous pouvons utiliser pour réorienter cette lutte. Notre pays a besoin de nous. Il faut que nous nous retrouvons d’une manière ou d’une autre pour réorienter cette lutte. Car, avec la guerre et le gouvernement actuel, nous voyons tous que l’objectif n’a pas été atteint » je cite ici votre camarade Lago Grécko lors de l’émission radio sur ce même portail, l’hommage au regretté Charles Groguhet. Qu’est ce qui s’est passé depuis lors au niveau des contacts et des initiatives ? Avez-vous contacter vos anciens camarades de la diaspora qui aujourd’hui sont des acteurs politiques ?

Disons que moi je suis retourné en Côte-d’Ivoire. J’y vie. Je suis sur le terrain entrain de mener le combat. Je dis qu’il est important que tous ceux qui se reconnaissent dans cette vision qui n’a jamais été différente de celle pour laquelle nous nous sommes battus, il est important qu’on se retrouve et donc je suis certainement de cet avis.

Je relance ma question. Avez-vous des contacts parce-que ceux-là c’est la génération ? Les Dékpai et tous les autres ?

Il faut qu’on se comprenne très bien. Pour la majorité on s’est retrouvés á Londres et d’autres camarades sont partis dans d’autres pays européens. Et á Londres moi je leur ai fait une proposition qui consistait á créer une structure économique qui allait nous permettre de soutenir financièrement l’organisation sur place parce que, effectivement il y a avait un danger de détournement idéologique sur la base des contraintes matérielles. Cette proposition a été rejetée en bloc par certains camarades qui estimaient qu’il fallait qu’ils créent un parti politique á cette époque là. Je leur avait dit que c’était prématuré. Ils ont créé les partis. Moi je me suis plutôt mis dans les mouvements associatifs pour la consolidation de la démocratie et pour la lutte contre l’ivoirité. Après quand il ya eu le coup d’état ceux qui ont créé leurs partis politiques ont toujours existé jusqu’aujourd’hui. Moi je suis revenu en Côte-d’Ivoire en 2008 pour éventuellement être sur le terrain. Je dis aux camarades de faire le bilan de nos activité et de se rendre á l’évidence. Pour moi, c’est le mot d’ordre de l’unité et d’actions sur la base d’analyses sereines de la situation qui doit aujourd’hui privilégier nos rapports. C’est par exemple le cas avec le camarade Dékpai et beaucoup d’autres camarades qui sont entrain de me parler en ce moment, c’est sur cette base que vraiment on est entrain de travailler.

Mais et les camarades comme Gérard, Apollos, Tohou ? Les deux derniers ont été responsables de partis politiques…

Non ils sont ! Il n’ont pas été. Ils sont encore.

Autant pour moi…

Disons que on a des contacts, pas avec tout le monde mais certains. Il faut dire aussi que certains ont pris des positions tout á fait claires dans la crise actuelle, dans lesquelles on ne se reconnaît pas. C’est pourquoi je dis que c’est pas une question d’amis, c’est une question d’idéologie. Donc si on a la même idée, la même vision on peut se retrouver pour voir comment on va mener le combat ensemble. La dernière fois que j’avais échangé avec Tohou Henri il était question qu’on se mette dans la dynamique de la 3e voie, puisque lui-même il ne se reconnaît pas dans les deux structures et puis finalement, bon je crois qu’ils (NDLR MLTCI-USP) ont monté une coalition et cette coalition n’a pas vraiment donné les résultats escomptés. Mais c’est pas ce qui est grave. Ce qui est important c’est qu’on fasse une analyse commune et qu’on se mette d’accord sur les modalités pratiques du combat. Je crois qu’aujourd’hui la Côte-d’Ivoire attend que ceux qui ne se   reconnaissent pas dans ce système de connivence et de pillage se mettent ensemble et qu’ils ramènent la liberté et la démocratie et qu’ils donnent un espoir pour le développement économique de notre pays. Vous savez très bien qu’aujourd’hui certaines rumeurs nous parviennent comme quoi certaines personnes veulent se mettre á manifester pour faire dérailler le processus de Ouaga alors que eux-mêmes ils ont signé des accords. Deux choses l’une. S’ils refusent les accords qu’ils le disent publiquement mais on ne peut pas mettre le pays dans un processus de chantage permanent et puis finalement on ne sait pas ce que les gens veulent. Donc moi je crois que c’est un sursaut, je dirai nationaliste et démocratique qu’il faut et á cela je crois que tous ceux qui se reconnaissent dans l’esprit FESCI devraient être á nos cotés, sur la même ligne pour que, on puisse mener ce combat.

A votre niveau la porte est donc ouverte ?

Moi je suis absolument ouvert. Pour les camarades du MLTCI vous savez très bien que Siriki Konaté était un militant du MLTCI, les statuts du MLTCI (NDLR Mouvement pour la Libération Totale de la Côte-d’Ivoire) c’est Siriki qui les a rédigés. Vous comprenez qu’en ce moment-là, ça suppose qu’au niveau de leur parti qu’ils fassent le point, quelle est leur positon actuelle ? Est-ce qu’ils sont toujours d’accord avec la dynamique actuelle au plan nationaliste dite patriotique ici ? Est-ce qu’ils sont d’accord pour qu’on continue avec la société de connivence. Bon! Je crois que c’est á leur niveau qu’ils doivent répondre á cette question. Et ils devront prendre une disposition par rapport aux perspectives. Mais en tout cas moi je ne me reconnais pas dans l’économie de connivence et de pillage qu’il y a dans ce pays et donc je pense qu’il faut qu’on fasse une ouverture assez large pour que tout le monde se sente concerné dans un combat commun.

Ça c’est au niveau de l’Europe mais au niveau du pays il y a quand même des camarades qui sont assez engagés comme Djué, comme Pikass, comme Blé Guirao , Yayoro etc.. au niveau de leur partis respectifs ?

Oui, mais eux ils sont des militants de leur parti on ne peut pas leur demander de quitter leur parti. Je crois qu’ils sont suffisamment responsables pour assumer leur rôle où leur fonction dans l’organisation interne de leur parti. Ce sont des amis, des camarades. Je suis souvent en contact avec le frère, le camarade Djué. On échange très souvent. Ce qui est intéressant c’est que même si on n’a pas les mêmes opinions on a quand même gardés des rapports tout á fait civilisés entre nous. Ça c’est très important.

Pour revenir á l’actualité. Le gouvernement ivoirien mène actuellement une campagne de presse afin de démontrer au monde que votre pays la Côte-d’Ivoire est un pays pauvre, donc éligible au programme PPTE. Comment réagissez vous face á cette démarche ? 

C’est comme si on faisait des calcules dans le genre pour qu’ils effacent nos dettes et puis á partir de ce moment on répare á zéro. Je crois clairement que c’est dans leur stratégie. Mais moi j’estime que c’est absolument scandaleux. C’est la même chose avec la signature des APE. Nous sommes toujours dans la stratégie de la quémande et ça je ne vois pas de futur dans cela. Il s’agit aujourd’hui d’avoir une élite politique capable de regarder les problèmes que nous avons et de trouver des solutions idoines. Mais il ne s’agit pas de faire la politique de la terre brulée tout en cherchant des pompiers demain pour les éteindre. En d’autres termes je crois très bien que ce que la Côte-d’Ivoire doit faire aujourd’hui c’est de changer d’équipe et de voir concrètement dans quelle direction elle doit partir. Les prochaines élections nous nous avons dit que c’est le choix entre ceux qui sont responsables de la situation actuelle et ceux qui ont refusé d’être dans cette dynamique.

C’est le choix que vous allez proposer aux ivoiriens ?

Justement ! c’est ca, les Ivoiriens doivent être très vigilants parce que si le même système revient, il est clair qu’il n’y aura pas de changement. Comment vous voulez que des gens compromis jusqu’à la moelle épinière puissent remettre les pratiques et les actions qu’ils ont posés jusqu’aujourd’hui en cause. Donc pour nous c’est clair il ne s’agit pas de lutter pour être classé comme PPTE, il s’agit de faire en sorte que notre pays rentre dans l’ère de son industrialisation, l’ère de son développement. C’est clair !

C’est pour quand la publication de votre projet de société, celui de l’UDL ?

Nous avons notre projet de société qui a été tellement pillé par un certain nombre de partis frères, nous attendons éventuellement notre congres et puis après notre congres publier. Beaucoup de nos idées sont déjà en circulation, sont déjà appliquées. Vous savez par exemple que dans le cadre de la stratégie de la décentralisation c’est nous qui proposons par exemple de réduire les régions, de les faire passer de 19 á 12 pour que, éventuellement ces régions correspondent aux entités anthropologique du pays, pour que effectivement au niveau de la composition démographique aussi ça corresponde á une réalité. Il ne s’agit pas de créer des régions comme par exemple celle de Bafing qui n’a même pas 200.000 habitants. Il s’agit aussi de faire en sorte que ces régions ait une entité de personnes pour qu’on puisse faire chaque année des bilans économiques ouverts. Dans notre programme nous avons aussi prévu le changement radical de la composition du Conseil économique et social. Nous souhaitons que le conseil économique devienne l’expression des agents de développement étatique que sont les conseils généraux et éventuellement les conseils régionaux que nous allons mettre en place. Vous voyez que nous avons beaucoup d’idées mais pour le moment on les laisse dans le tiroir en attendant d’y voir un peu plus clair dans ce qui va se passer. Certainement trois ou 4 mois avant la date des vraies élections on aura un programme qui est déjà prêt.

C’est une stratégie de communication que vous avez adoptée á l’UDL ?

Exactement !

Supposons que le Docteur Ahipeaud est élu Président de la République de Côte-d’Ivoire. Le nombre de ministres dans son gouvernement ?

24 !

Et pourquoi 24 ?

Parce que nous avons rationnalisé les postes ministériels et dans notre programme de gouvernement on a estimé que les 24 ministres correspondaient á ce qu’il faut pour gouverner la Côte-d’Ivoire et vraiment avec beaucoup de rationalité, avec une option tout á fait claire á la séparation des taches entre le Premier Ministre et le président et effectivement une orientation tout á fait particulière des différents ministères.

Le service militaire obligatoire ? L’UDL le réintroduit ?

Absolument ! Nous allons imposer le service militaire obligatoire. Nous considérons l’école et l’armée comme les lieux de formation á la citoyenneté.

Vous êtes docteur. Pourquoi ne pas continuer tranquillement votre carrière académique ?

Vous savez c’est vraiment la chose la plus facile á faire (rire). Devant les souffrances des populations, devant notre indignation est ce que on peut dormir tranquille en étant en occident ici entrain de gagner 50.000 pounds par an. Et puis ça vous rattrape automatiquement, parce que vous êtes obligés d’intervenir au quotidien auprès des populations. Ce que nous voulons faire, c’est vraiment un sacrifice de notre personne en même temps pour que effectivement au lieu que les ivoiriens qui sont á l’étranger soient obligés chaque fois de résoudre les problèmes locaux aux travers de leurs parents, il faut que l’Etat de Côte-d’Ivoire redevienne normal, et que l’économie de notre pays reprenne pour qu’effectivement la Côte-d’Ivoire soit ce qu’elle doit être. Non pas en tant que entité qui se recroqueville sur elle-même mais en tant que expression de la nouvelle Afrique, de la nouvelle dynamique noire qui aujourd’hui peut être représentée par la figure emblématique d’Obama. C’est-à-dire une Afrique, un continent qui gagne et non pas un continent où des pays qui sont toujours en déliquescence.

D’Accord. Supposons que vous êtes élus quels rapport entrevoyez vous avec la France, l’ancien colon ?

Nous, nous allons considérer la France comme un pays ami, un pays frère. C’est clair qu’aujourd’hui nous sommes á l’ère de la technologie, á l’ère de l’Internet donc les conditions ont changé. En 1960 quand on signait les accords de coopération on n’avait pas plus d’une trentaine de diplômés d’universités. Aujourd’hui comme je vous l’ai déjà dit, il ya quelques années de cela on avait jusqu’à 1000 médecins au chômage. Donc les contextes ont changé je crois que les réalités peuvent aussi changer. Mais c’est en toute responsabilité, en toute compréhension dans nos intérêts mutuels, je ne crois pas qu’il faut voir la France comme un pays ennemi, bien au contraire la classe politique actuelle française comprend elle-même la nécessité du changement dans une nouvelle dynamique.

Et l’armée, l’Armée ivoirienne quelle place d’ensemble lui donnez vous au niveau de la société ivoirienne ?

Ca sera une armée de développement.  Parce que nous estimons qu’elle doit avoir non seulement une fonction de défense nationale mais aussi doit intervenir activement dans le processus de reconstruction nationale au niveau des grands travaux, au niveau même surtout de la conception de la dimension culturelle et scientifique de notre pays. Nous ne pouvons pas entrevoir notre Nation se développer sans une infrastructure militaire capable de concevoir de la science, de la planifier, de la créer et de la faire avancer. Nous sommes dans une dynamique qui nous permettra éventuellement de positionner notre pays et notre armée comme des forces majeures de développement économique non seulement de notre pays mais de l’ensemble de la sous-région.

Un mot pour les ivoiriens, les pauvres, je veux parler de ceux qui, dans le rapport dernièrement sorti du ministère du plan vivent avec moins d’un dollar par jour ?

Moi je pense que cela ne peut être une fierté pour un ministre de la République de crier sur les ondes du monde que la Côte-d’Ivoire á la moitié de sa population qui vit avec 450 Francs.

C’est la même stratégie dont on parlait des PPTE, de l’admission …?

Oui bien sur ! Mais c’est ce que je dis, que c’est honteux. Je crois qu’on aurait pu fermer notre bouche et puis dire que vraiment on a honte de parler de cela. Parce que pendant ce temps ceux-là qui parlent de ça ne sont pas prêts d’être des pauvres.

C’est le paradoxe ?

Je crois qu’il est important que les ivoiriens se souviennent que l’objectif d’un Etat c’est pas d’appauvrir sa population pour bénéficier de quelques mesures que ce soit, mais c’est de faire en sorte que la richesse prenne de l’ampleur et de l’essor pour que tout le monde soit capable en regardant les autres d’en face d’être fier et d’être digne. Mais l’ indignité dans laquelle notre pays et notre peuple vit devait vraiment faire vomir les hommes politiques, et c’est ce sens qui m’anime et me conduit aujourd’hui dans ce combat.

En tout cas Docteur on a fini, nous avons presque fini, j’ai une toute dernière question pour vous. Votre dernier mot aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens ?

Je pense qu’aujourd’hui on est en 2009. Depuis 2000 nous nous avons alerté les ivoiriens. Nous leur avons dit que ce qui venait était très grave, il fallait assumer nos responsabilités. Il fallait éviter que l’imposture prenne en tout cas, prenne le pays en otage. Nous n’avons pas réussi cela. Aujourd’hui est ce que nous devons laisser faire ce qui se passe dans notre pays ? Est ce que on est fier ? Est ce que on est content de voir notre pays avec un taux de pauvreté aussi élevé ?   Comment aujourd’hui on peut être fier d’être un pays PPTE, la Côte-d’Ivoire ! Est-ce que en tant que jeunes dans notre pays on peut être fier de se considérer proche de la tombe á partir de 41 ans ? Vous savez très bien que l’espérance de vie aujourd’hui est descendue jusqu’à 41 ans ! Est ce que tout cela c’est quelque chose qui nous plait ? Moi je pense qu’il ya deux attitudes. Soit on estime que ce sont des choses normales, qui sont naturelles qui nous arrangent et alors on se complait la dedans. Ou alors on n’est pas d’accord et je pense que seule la lutte paye ! C’est le slogan que nous devons aujourd’hui répéter á l’ensemble des Ivoiriens. Il faut qu’on se lève, qu’on dresse la tete et qu’on dise non á l’imposture, non á l’ignominie, non en tout ce qui se passe pour qu’effectivement une nouvelle dynamique soit imposée. Il faut qu’on est la liberté de choisir notre président cette année et que ce nouveau président soit celui qui va ramener non seulement la paix, mais la prospérité dans notre nation. Je crois qu’aujourd’hui ce président sortira forcement des candidats de la troisième voie.

On a fini camarade !

Merci frère, ça été long hein !

C’est toi que je remercie!

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www.connectionivoirienne.net – Interview du Dr Martial Ahipeaud – 2ème partie le 30 janvier 2009

Posté par drmartialahipeaudpresse le 7 février 2009

  http://www.connectionivoirienne.net/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&cntnt01articleid=5297&cntnt01returnid=27Interview Exclusive: Dr Joseph Martial Ahipeaud Président de l’Union pour le Développement et les Libertés (UDL) á cœur ouvert !

30/01/09  •  le Journal de Connection  •  Catégorie : Articles les plus lus

Par Gbansé Douadé Alexis -Rédacteur en chef du Journal de Connectionivoirienne.net

Premier Leader historique de la célèbre la FESCI, il veut être le prochain Président de la République de Côte-d’Ivoire. Deuxième et avant-dernière partie d’une Interview inédite !

L’actualité dans votre pays la Côte-d’Ivoire se sont les consultations électorales sans cesse reportées depuis 2005. Quelle appréciation  faites vous de ces reports successifs vous qui êtes candidat aux élections ? Avez-vous le sentiment que les élections pourront être organisées cette année ?

Non. Moi je vais vous dire clairement. Les accords de Ouagadougou, je pense que ce sont pour 80% nos propositions que nous avons faites au mois de septembre 2006. Quand nous avions fait cette adresse on avait pas encore créé le parti, on était dans une espèce de groupe de réflexion, la question fondamentale qu’on se posait était, mais comment faire pour sortir de cette histoire. Et donc on a fait des propositions qui sont sorties en pleine période de déchets toxiques. Trois mois plus tard on nous appelle pour nous dire que les differents acteurs que nous avions contactés avaient pris note et qu’ils rentreraient en négociation. Nous avons suivi le processus jusqu’à ce que ça aboutisse aux accords de Ouaga. Donc les Accords de Ouaga en tant que tel sont plus ou moins notre inspiration intellectuelle. Ces accords en soit sont bons et il faut les appliquer avec des esprits assez ouverts. Le seul problème c’est qu’il ya eu une annexe secrète qui a dit qu’il fallait pousser le processus sur 3 ans et donc nous sommes dans un scenario de 3 ans de transition non officielle. C’est pour ça que fondamentalement tout est mis en œuvre pour qu’on aboutisse à 3 ans sinon en réalité je pense qu’au bout d’un an ou 18 mois on peut parfaitement organiser les élections. C’est pour vous dire que c’est une question de volonté politique de faire trainer les choses jusqu’en 2010. Ce que nous avons dit aux differents acteurs c’était d’avoir le courage de dire aux Ivoiriens clairement que la transition c’est pour 3 ans qu’il n’aura d’élections qu’à partir de Mars 2010, dans ces conditions tout le monde est informé et, ce qui se passe maintenant c’est qu’on va suivre le processus jusqu’à ce qu’il aboutisse. Mais tel que ça se passe on a l’impression qu’ils se foutent des Ivoiriens et cela n’est pas bien.

Etes vous à mesure de confirmer l’existence de ces annexes ?

Moi je vous dis que nous dès le mois de septembre 2007, nous avons dénoncé le principe d’organiser les élections à la fin de l’année 2007, nous avons dit que c’était irréaliste. Selon les informations que nous avons de ceux qui ont plus ou moins participé à l’intérieur du pouvoir burkinabé ou du pouvoir ivoirien à la confection de ces accords là, il était clair que c’était 2010. Nous avons officiellement au mois de septembre fait une déclaration pour dire que les signataires doivent être sérieux avec les Ivoiriens et leur dire clairement que les élections sont dans leurs têtes prévues pour 2010. Dans ces conditions ils n’auront pas à singer, à traficoter, ils iraient directement au but, ils prennent les Ivoiriens pour des imbéciles et c’est ça qui me gène parce que malheureusement pour eux ; on est pas à l’époque où on était en 63 où il n y avait que quelques diplômés, il n’y avait que quelques bacheliers, aujourd’hui on a même des docteurs qui sont des chômeurs, on des étudiants qui sont en doctorat mais gérants de cabines téléphoniques, donc c’est pour dire que le niveau intellectuel de la nation est assez élevé, il faut quand même être sérieux c’es tout !

On va rester dans les APO pour évoquer la polémique sur le désarmement des forces nouvelles avant ou après les élections ? Que dit l’UDL sur cette question cruciale ?

Moi je vous dis que, je vous disais tout cela fait parti d’un scénario, donc nous on ne va pas être distrait par ça. Tout le monde sait très bien que le désarmement c’est la fin du processus, il ne peut pas avoir d’élections en CI sans qu’il y ait eu de désarmement. Mais aussi pour qu’il est le désarmement il faut éventuellement que les conditions soient réunies, dans un contexte où personne ne fait confiance à qui ce soit comment voulez vous que les gens désarment ? D’un autre coté effectivement comme ils se sont mis dans un deal pour dire qu’ils vont aller jusqu’en 2010 ils soulèvent de faux problèmes à tout moment. Nous nous avons dit clairement que s’ils estiment qu’ils ont un problème pour gérer leur propre procédure ils n’ont qu’à convoquer  une conférence au plan national comme ça on verra et comme ça il va avoir une réappropriation de ces accords par les Ivoiriens eux-mêmes, comme cela il va y avoir un nouveau processus qui va être dégagé et je crois que dans le cadre de ce processus là, je pense qu’il sera actuel que le désarmement ait lieu. Mais tant qu’on est dans un complot interne entre les protagonistes pour éviter d’organiser les élections tout ce qu’ils soulèvent comme problèmes je pense que c’est des faux-fuyants.

Vous donnez donc raison à ceux qui estiment qu’il ya un partage du pouvoir qui a été fait à Ouaga ?

Il ya un partage du pouvoir de fait ! Il ya une volonté manifeste de refuser la reprise du processus historique dans le sens de la démocratisation effective du pays. Donc nous, quand nous proposions ce qui est devenu aujourd’hui les accords de Ouaga nous avons dit clairement que c’est dans le cadre de la nouvelle armée nationale qu’on peut parler de désarmement. Mais on ne peut pas prendre 2000 personnes ici, 4000 personnes ici, des miliciens, des ex rebelles les mettre dans une armée qui quoi qu’on dise a toujours été une armée républicaine et respectueuse de la hiérarchie politique pour qu’on puisse nous dire qu’on est entrain de créer une nouvelle armée ça n’a rien à voir. Nous nous avons dit que par exemple dans le cadre même de la constitution de cette nouvelle armée il aurait fallu lancer un processus de recrutement ou on ne tiendrait pas compte des cartes d’identité des gens c’est-à-dire que tous ceux qui viendraient on ne saurait pas leur identité dans un premier temps, c’est après la sélection après le passage des exercices physiques et intellectuels qu’on pourrait éventuellement mettre en place cette nouvelle armée. Mais on ne peut pas prendre 5000 hommes de Bogota (NDLR nom de code de Soro Guillaume alors leader syndical) et les mettre dans l’armée, vous pensez que comment ils vont réagir par rapport aux autres qui les ont déjà perçus comme des éléments infiltrés de la rébellion, ils vont toujours avoir ce label, même s’ils sont dans l’armée cela va poser un problème de stabilité. Nous on estime aujourd’hui à l’UDL que la solution ce n’est pas ça. Vous savez aujourd’hui que nous traversons une crise économique très très grave. Ce qui va se poser dans les prochains mois ou années c’est des questions de survies des nations, dont si nous avons des gens qui ont eu assez de courage pour prendre des armes pour se battre les uns contre les autres je pense que ceux-là il faut les utiliser pour le développement économique de la Nation. Pourquoi ne pas lancer des projets de développement dans le Nord pour que ces jeunes là deviennent des éléments qui participent à ce processus. Nous avons par exemple le projet Sorgho qui peut nous permettre de créer pratiquement 10 mille emplois. Pourquoi ne pas permettre de mettre en place ce genre de projets ou alors un projet d’hévéa pour que effectivement notre production dans ce sens là s’améliore avec les miliciens qui sont à l’ouest. Voilà des projets qui peuvent permettre à ces jeunes là de dépendre d’eux-mêmes.

Mais on leur a promis des kits de démobilisation ou de désarmement je pense de 300, 500 euros ?

Non, ils ont promis 500 mille francs à chacun. Mais moi je vais faire un calcul. 500 mille francs multipliés par 10.000 personnes globalement, cela nous fait pratiquement 5 milliards, pourquoi ne pas prendre cet argent et en faire un projet de développement dans lequel ils vont s’intégrer et puis demain ils vont non seulement être des opérateurs économiques mais ils vont participer à la reconstruction de la Nation. C’est de ça qu’il s’agit. Par exemple si on prend le projet rizicole que nous voulons proposer qui a pour objectif de mettre à la disposition de 100 mille jeunes à peu près 300 mille hectares de parcelles qu’il aura dans toute la Côte-d’Ivoire, on peut effectivement produire d’ici un an ou deux, 1 million sinon deux millions de tonnes de riz. Voilà des projets qui vont nous permettre de non seulement occuper les jeunes mais de leur donner une conscience sociale. Vous comprenez que quelqu’un qui gagne pratiquement deux à quatre millions de francs à chaque récolte ne va pas être prêt à suivre n’importe qui, vous comprenez. Mais si on leur fait des propositions comme dans le genre on va te donner 500.000 Francs et puis tu vas aller te promener où tu veux aller, ou rentrer dans une armée où déjà tu serais étiqueté, je crois que c’est pas du tout réfléchi. Pour nous il y a des solutions qu’il faut exploiter si l’objectif est de permettre à tout le monde de rentrer dans une dynamique, on peut comprendre mais sinon on fait autre chose et c’est ce qu’on voit aujourd’hui comme résultat.

A vous entendre les Ivoiriens ne sont pas au bout du rouleau ?

Disons que c’est pas parce que les ivoiriens ne sont pas au bout du rouleau, c’est parce que certaines personnes pensent qu’elles peuvent prendre le temps. Mais le problème c’est qu’aujourd’hui on a pratiquement 6 millions de jeunes qui ont entre 18 et 35 ans et eux ils ont besoin de travail, ils ont besoin d’être nourris, ils ont besoin d’être soignés. Moi je suis enseignant à l’université de Bouaké je vois un peu, c’est la catastrophe et donc pendant que certains qui estiment qu’ils étaient riches avant de devenir des hommes politiques ou d’accéder au pouvoir comme un des élus de notre région l’affirme dans un journal aujourd’hui (NDLR 23 janvier 2009). Pendant que eux ils se la coulent belle la base est entrain de les regarder. Et c’est pour combien de temps ?

Vous faites sûrement allusion au ministre Yao Paul N’dré ?

Je n’ai pas envie de citer de noms, mais je pense que tout le monde à accès à l’Internet aujourd’hui donc quand des gens nous disent que en tant qu’enseignants ils avaient des moyens, bon moi je suis étonné que ce soit aujourd’hui qu’ils construisent des maisons de deux cents millions ! Pourquoi ils n’ont pas construit ces maisons avant d’être au pouvoir ? Pourquoi ils ne roulaient pas dans des Q7 comme certains amis qui sont à Abidjan, avant d’être au pouvoir ? S’ils étaient aussi nantis que ça ? Donc il ne faut pas qu’ils nous racontent des histoires, en réalité il se trouve que des opportunistes ont pris le pouvoir. Dans l’entourage du parti au pouvoir aujourd’hui ils gèrent le pouvoir en mettant en avant le Président, mais en réalité c’est eux qui tiennent toute la dynamique, donc ils font ce qu’ils veulent du pouvoir qu’ils ont conquis en 2000 !

Que pensez vous de l’engagement de votre jeune frère Soro Guillaume, vous qui l’avez connu à la FESCI dans ses débuts ?

Bon, comme je l’ai dit à Paris je ne l’ai pas connu en tant que tel. C’est-à-dire que Soro il est arrivé au moment ou moi je m’apprêtais à partir, ce sont à peu près 18 mois qu’il a passé entre nos mains comme déjà responsable à Vridi sous Saddam Hussein. Vous voyez ? C’est des jeunes que nous avons formés au moment où on était entrain de partir. On ne peut donc pas dire qu’on s’est connus en tant que tel parce que moi j’étais déjà sur le départ et donc on a préparé une équipe qui les a conduits, ceux qui ont vraiment travaillé avec eux c’est les Blé Guirao et tous les autres camarades.

Mais vous le rencontrez de temps à autres depuis qu’il est devenu Premier Ministre ?

Disons que je l’ai rencontré une seule fois, au mois d’août dernier. On a eu à discuter, on a fait le point. Je lui ai donné mon point de vue, je crois qu’on avait partagé des idées communes. Il connaît mon point de vue sur l’ensemble de la procédure actuelle puis dans tous les cas on est dans une dynamique où chacun à une vision tout à fait claire de la situation et puis je crois qu’éventuellement si on a pour intérêt la Côte-d’Ivoire on doit travailler dans ce sens-là.

Quels sont vos rapports avec les grands partis politiques ivoiriens ? PDCI, RDR, FPI etc.. ? Pas sur le plan personnel mais au niveau de l’UDL ?

Disons que l’UDL est entrain de construire ce qu’on appelle la troisième voie, c’est-à-dire que nous voulons nous mettre à équidistance des deux grands rassemblements que sont le CNRD de Gbagbo et le RHDP de Bédié et de Ouattara. Nous estimons que la cause et les conséquences de tout ce que nous vivons viennent de leurs contradictions personnelles d’abord et politico-idéologiques ensuite, donc on a pas de rapports. Mais nous sommes entrain de rassembler, nous sommes en pourparlers avec d’autres organisations pour que nous puissions constituer la 3e voie.

Et quels sont ces organisations ?

Il ya des partis politiques, des associations, il ya des leaders d’opinion aussi, c’est pas un mouvement qui va regrouper uniquement des partis, il faut que cela puisse dépasser les partis politiques ça va être un mouvement social.

Je reviens à la FESCI, Vous étiez à Abidjan durant la transition militaire, durant la crise des machettes à la Fesci en 1999-2000…vous qui êtes le premier secrétaire général connu de la FESCI comment avez-vous vécu ces événements ?

Disons que moi j’étais à Londres où j’étais entrain de faire mes recherches pour finir ma thèse et au mois d’avril on m’a appelé d’urgence à Abidjan parce qu’il y avait les 10 ans. Et quand je suis arrivé je me suis rendu compte qu’en fait c’est parce qu’il y avait la crise des machettes.

Vous dites on vous a appelé, qui vous a appelé ?

Ce sont les responsables du ministère de l’éduction nationale de monsieur le ministre Amani, il y avait le ministre, le professeur Séry Bailly, il y avait Blé Goudé et bien entendu le général Guéi qui tous après une analyse de la situation ont estimé que j’étais à même de pouvoir être le pacificateur, aujourd’hui on pourrait m’appeler un facilitateur. J’ai permis de créer les conditions d’un dialogue direct entre la tendance de Doumbia Major et celle de Blé Goudé. Ce qui nous a permis malgré les conditions tout à fait difficiles dans lesquelles nous travaillions ; parce que chaque groupe était très très suspicieux de l’autre, on a fait des réunions avec des gens hyper armés mais vue notre position d’aînés ils nous ont respecté et ça nous a permis de retrouver la paix. C’est donc sous notre direction politique que les tendances ont déposé les armes et puis on a pu avoir une année scolaire tout à fait positive. C’est lors de cette période que j’avais effectivement pris peur pour ce qui allait se passer par la suite.

C’est la question que je m’apprêtais á vous poser. Quelles sont les implications de la crise á la FESCI dans celle plus tard de septembre 2002 ? Voyez vous des relations, des interconnexions, des similitudes ?

Disons que déjà la guerre des machettes était le prélude de la guerre civile puisque le coup d’état qui a été fait par les militaires proches du FPI et du RDR a permis de mettre en exergue les contradictions qu’il y avait entre les ex partis du Front Républicain à partir du moment où, il y a eu une confrontation entre ces deux tendances à l’intérieur du CNSP (NDLR Comité National de Salut Public ) qui était l’organe de direction de la transition militaire. Effectivement ils ont commencé la confrontation par les étudiants interposés. A la tête d’une délégation d’anciens responsables de la FESCI, le mouvement des anciens qu’on appelait le MARFES, nous avons essayé d’organiser encore un dialogue entre Laurent (NDLR Gbagbo) et Ouattara (NDLR Allassane), parce que nous avions identifié clairement les causes de la dérive qui était leur compétition farouche pour la présidence et donc nous avions souhaité que les deux lancent des appels au calme et qu’ils s’entendent pour éviter le pire pour notre pays. Mais Laurent nous avait clairement dit que lui il était dans la stratégie de la conquête du pouvoir. Ouattara disait que lui n’avait rien à voir et que le problème venait de Laurent, bref les deux sont rentrés dans cette logique là. Je crois c’est la suite dans laquelle nous sommes aujourd’hui.

Toujours sur la FESCI. J’ai été sur le site de l’UDL aujourd’hui (NDLR 23 janvier 2009) et j’ai relevé un passage qui m’a marqué, dans vos vœux de nouvel an aux Ivoiriens et Ivoiriennes. Et je vous cite : « ma génération reste mon inspiration »

Bien sur !

A vous lire la question qui me vient á l’esprit est celle de savoir si vous avez avec vos anciens camarades suffisamment évacué le contentieux de 92-93 ?

Vous savez il n’y il n’y a pas eu de contentieux en 92-93, vous me donnez là l’occasion de revenir sur ce problème. En 92 il ya eu un vaste complot monté de toute pièce par Lida Kouassi Moise, il est le responsable de tout ce qui s’est passé à la FESCI. C’est lui qui a monté de toute pièce ce complot contre ma personne. Il a monté des membres du bureau exécutif contre moi parce que parce qu’il avait un problème par rapport à mon audience au niveau de la région. Donc ça c’était une contradiction secondaire qui a été gérée de cette façon. Sinon en tant que tel il n’y avait de problème idéologique, il n’y avait pas de problème de ligne. Est-ce que vous voyez ? Moi j’avais compris dès le départ que c’était une manœuvre montée de toute pièce par cet individu-là pour…

Vous le saviez à l’époque ou bien c’est par la suite que vous l’avez su ?

Ah non non ! (le ton monte), il a été dénoncé par les personnes mêmes qui ont participé à ce complot. Je veux pas citer des noms mais c’est parce que j’avais l’information que j’ai essayé de faire comprendre aux camarades de ne pas rentrer dans le jeu parce que l’objectif de cet individu n’avait rien à voir avec l’objectif stratégique de notre organisation. Bien au contraire son objectif c’était de fragiliser la direction de l’organisation pour la caporaliser après, ce contre quoi je me suis élevé. J’avais clairement dit à Laurent et à tous ceux qui gère le FPI que moi j’étais contre la caporalisation du mouvement étudiant parce que pour moi la liberté syndicale va de paire avec la liberté de la démocratie et donc c’est sur cette base qu’il ya eu le premier clash à l’intérieur du mouvement. C’est pour quoi moi je n’ai pas eu de problèmes particuliers avec les camarades parce que j’avais compris qu’ils ont agit sur la base de la mauvaise information que Lida leur avait donné.

Nous nous étions encore jeunes, on vous regardait de loin a l’époque…

Oui, mais c’était simple parce que Lida il a réuni les camarades dans la chambre d’une de nos camarades pour leur dire que oui Ahipeaud a reçu 20 millions…d’Houphouët.

Alors Lida ne s’exprimait pas forcément dans le cadre du FPI, mais plutôt au niveau de la région ?

Mais bien sûr ! à l’époque moi on m’appelait le petit Gbagbo et c’est ça qui était un problème pour lui. Il a donc fait comprendre aux camarades que moi j’avais été corrompu alors que pour ceux qui me connaissent très bien ils savent très bien que je suis venu de la présidence pour prendre la tête de la FESCI. Moi j’étais l’enfant du président Houphouët Boigny avant de devenir Secrétaire Général à la FESCI, donc je ne suis pas impliqué dans ce genre d’actions. Mais comme vous le savez quand les gens ils ont l’habitude de monter des faux complots, vous comprenez que moi (silence), j’étais très hésitant par rapport au futur parce que j’ai déjà subi à 2 ou 3 reprises ce genre de faux complots contre ma personne dans l’opposition. Je connaissais un peu les pratiques d’un certain nombre de cadres autour de Laurent et donc j’étais, j’avais très peur pour ce qui allait advenir si éventuellement ils arrivaient dans des positions où ils allaient être incontrôlables. Vous voyez que le résultat est connu de tous aujourd’hui. Malheureusement ça fait combien d’années de perdue pour le pays ?

Ceci m’amène à vous posez une question. Il ya certains qui disent que la crise qui a eu lieu au sein du Bureau Exécutif National de la FESCI, qui a été suivi du départ massif de pionniers de la FESCI vers l’Europe a joué un rôle dans l’affaiblissement (dérive) de ce mouvement ?

Non, non le mouvement n’a pas été affaibli ! Bien au contraire…Mais comme on vous l’a dit chaque génération assume ses responsabilités. C’est quelques responsables de la direction qui sont partis a l’étranger beaucoup sont restés sur place. Il a eu une transition qui a été organisée entre nous par deux responsables qui étaient Blé Guirao et Djué. Après l’équipe de Djué, il a ya eu l’équipe de Blé Guirao et c’est l’équipé de Blé qui a fait monter les jeunes qui, en réalité étaient avec nous depuis pratiquement 3 ans c’est-à-dire partir de 91-92. Il n’y a donc pas eu de rupture en tant que tel, le problème c’est que le contexte avait changé avec l’avènement du Front Républicain et si vous voulez l’immixtion de la droite libérale dans l’opposition.

Du RDR qui est né je crois en 93-94 ?

Qui est né en 94. A partir du moment, il eut une nouvelle dynamique au niveau de l’opposition. Nous nous avons géré le mouvement sans argent. Mais à partir de 95 l’argent est rentrée dans le mouvement et les contextes ont changé. Donc les habitudes, les réflexes ont changé mais ça n’a pas empêché les camarades d’assumer leurs responsabilités vis-à-vis de leurs bases en luttant de façon farouche. Le seul problème c’est qu’à partir de 99 avec les contradictions entre le FPI et le RDR ça va avoir des répercussions immenses au niveau du mouvement où les partisans des deux parties vont s’affronter et ça va donner le résultat d’aujourd’hui. Pratiquement tous ceux qui étaient opposés à la tendance du FPI ont été liquidés, et aujourd’hui vous voyez qu’il n’ya plus de débats démocratiques au sein de la FESCI. Ce qui est quand même assez difficile à accepter.

Avez-vous militez au Front Populaire Ivoirien ?

Je n’ai jamais pris de carte de militant, je n’ai jamais été militant du FPI !

Par contre il y a certains membres de votre Bureau… ? Je peux citer Djué…

Mais bien sûr !  Parce que le BEN de la FESCI était pluriel, même des gens qui étaient du PDCI s’y retrouvaient. Parce que nous nous avons dit de tout temps que nous étions ouverts à tous les courants de pensée. Aujourd’hui la plupart des camarades sont dans différents partis politiques parce qu’au départ ils venaient de différents horizons. Et de l’autre coté il y avait d’autres qui ne voulaient même pas entendre parler de partis. Donc c’était un ensemble. Moi je n’ai jamais milité au FPI, je n’ai jamais manifester même le désir d’être militant du FPI, par contre certains membres étaient des militants du FPI. Nous nous étions plutôt des militants du  PPS de Bamba Moriféré.

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www.connectionivoirienne.net – Interview du Dr Martial Ahipeaud – 1ère partie le 27 janvier 2009

Posté par drmartialahipeaudpresse le 7 février 2009

 http://www.connectionivoirienne.net/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&cntnt01articleid=5253&cntnt01returnid=27

Interview Exclusive: Dr Joseph Martial Ahipeaud Président de l’Union pour le Développement et les Libertés (UDL) á cœur ouvert !

27/01/09  •  le Journal de Connection  •  Catégorie : Le Journal de Connection Ivoirienne

Premier Leader historique de la célèbre Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte-d’Ivoire (la FESCI), il veut être le prochain Président de la République de Côte-d’Ivoire. Depuis peu enseignant á l’Université de Bouaké, la Rédaction du Journal de Connectionivoirienne.net l’a récemment rencontré á Londres, où il était en visite de travail. Première partie d’une Interview inédite !

Par Gbansé Douadé Alexis -Rédacteur en chef du Journal de Connectionivoirienne.net

Bonsoir Dr Ahipeaud Martial. Pour commencer je voudrais vous demander de vous présenter á nos Internautes, á nos Lecteurs.

Moi je suis Docteur Joseph Martial Ahipeaud, président de l’Union pour le Développement et les Libertés, ancien Secrétaire Général fondateur de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte-d’Ivoire, la FESCI.

Depuis combien de temps existe votre parti l’Union pour le Développement et les Libertés ?

Disons que c’est á la suite de notre analyse de la situation en 2006 que nous avons créé cette organisation et nous avons déposé les statuts en décembre 2006. Nous avons commencé á être fonctionnel á partir du mois de juin 2007.

Et comment se porte l’UDL en ce moment ?

Bon, le parti se porte très très bien, j’étais en tournée en France, je devais même arriver en Allemagne mais pour des problèmes d’agenda je n’ai pas pu. Sinon le parti se porte très bien. Nous sommes en ce moment dans la phase de recrutement des cadres et d’implantation et je crois que dans les mois qui viennent on va préparer notre sortie officielle. C’est-à-dire l’organisation de notre convention ou congrès, ça dépendra.

Avec quels moyens humains et matériels comptez vous atteindre vos objectifs ?

Disons qu’aujourd’hui en Côte-d’Ivoire comme nous qui sommes de nouveaux partis, je vais parler particulièrement de l’UDL qui a été créé par un certain nombre de cadres et de jeunes qui ont participé au processus historique depuis 90, nous ne sommes pas fondamentalement impliqués dans l’économie de pillage ou encore dans la société de connivence en ce moment, nous comptons finalement sur nos moyens personnels, notamment nos cotisations pour que nous fonctionnons. On est conscient que le moyen le plus court serait de tendre la main á quelques gourous, qui par la suite nous imposeraient leur dictat. Bon nous on est pas dans cette logique puisque notre combat est d’abord contre de corruption et contre la société de pillage. On a pour mission fondamentalement de rééduquer les ivoiriens sur de nouvelles bases, donc c’est nos cotisations qui nous permettent de vivre et le soutien de beaucoup de nos camarades. Aujourd’hui avec la situation nouvelle que nous avons, il ya beaucoup de nos camarades qui sont entrain de nous rejoindre.

Quel est l’engouement autour de votre tournée européenne ? Vous avez été en France, en Angleterre…

Disons que ça a été très très bien. En France où j’ai rencontré beaucoup d’associations, beaucoup de responsables politiques, des hommes de media et des hommes politiques, et un certain nombre de présidents surtout d’associations de nos compatriotes qui sont sur place en France. Je crois que la sortie á été positive, puisque beaucoup de ses responsables ont décidé d’adhérer á notre organisation.

Sur le plan personnel de quoi vit M. Ahipeaud ?

Moi je suis enseignant á l’Université de Bouaké. Je vis de mon salaire. Heureusement que par le combat héroïque qu’on mené les camarades sur place en Côte-d’Ivoire, nous avons eu une revalorisation pour le mois de janvier. Donc nous attendons de voir pratiquement si ça ne va pas être lettre morte. Sinon nous sommes enseignant á l’Université de Côte-d’Ivoire, précisément de Bouaké.

Et si je vous demandais dans quelle discipline ?

Je suis Historien, spécialiste des relations internationales, j’ai fait mon PhD á la School of Oriental and African Studies á l’Université de Londres en 2005.

Avant même de pouvoir rentrer dans les détails, je voudrais vous demander ce que vous inspire la Société ivoirienne en ce début d’année 2009 ? Vous qui désormais résider en Côte-d’Ivoire de façon quotidienne. Sur le plan politique, économique et social ?

(Après un long soupire) Quand tu quittes la vie européenne, c’est-à-dire la société occidentale dans laquelle nous avons vécu nous autres qui sommes restés á l’étranger depuis pratiquement 14 – 15 ans et puis pour certains plus, ce qui te frappe quand tu arrives á Abidjan la première fois quand tu circules dans tous les quartiers c’est d’abord l’odeur, c’est ça qui te frappe. C’est á dire que nous sommes dans une société complètement en état de putréfaction et ca se remarque á tous les coins de rue, la saleté est partout elle est physique parce qu’on la voit, mais elle est aussi morale, la dérive est totale. Mais en même temps on se rend compte quand on approfondit un peu les rapports et les discussions avec les gens que le peuple de Côte-d’Ivoire est très conscient de la situation et espère bien qu’il va y avoir á un moment donné si tu veux un mouvement qui va pouvoir emporter, qui va pouvoir imposer le véritable changement, c’est peut-être parce que vu l’expérience des 8 dernières années, les ivoiriens aujourd’hui se disent á quoi bon mener la lutte, á quoi ça sert même le concept de lutte. Les gens sont un peu biaisés, mais en même temps ils ont une très très forte espérance.

Nous allons faire un tour d’actualité, il ya le président Obama qui vient d’être élu (NDLR Interview réalisée le 23 janvier 2009), vous qui êtes Historien, Spécialiste des études africaines quels sont vos opinions sur cet événement ?

Bon disons qu’il faut voir dans l’élection de Barack Obama deux dimensions. Il y a d’abord la dimension anthropologique que j’appellerais la question ethnique aux USA qui est liée á la longue lutte de libération des populations d’origine africaine qui aujourd’hui a atteint son paroxysme avec l’arrivée de l’un des leurs á la tête du pays et donc c’est comme si vous voulez un hymne á la liberté et au combat permanent c’est a dire qu’il ne faut jamais se dire que tout est fini, il faut tout le temps combattre. Et ça c’est la première grande leçon qu’on peut tirer.

Maintenant quand vous prenez personnellement l’individu vous comprenez qu’il s’est organisé en tant qu’individu pour arriver là où il est. Depuis l’université tout ce qu’il a fait était justement pour arriver là, parce qu’il avait une vision que dans la vie une fois que tu as eu l’espérance il faut avoir l’audace pour la mettre en pratique. Et il a eu l’audace.

Je crois que c’est ces deux leçons là que nos peuples africains, surtout en général les jeunes de notre génération, ceux qui ont lutté pour le multipartisme c’est cela que nous devons faire. Est-ce qu’aujourd’hui ce que nous avons posé comme actes de par le passé, est-ce-que ça rentre en concordance avec nos aspirations profondes? Est-ce-que la situation que nous vivons aujourd’hui est-ce-que c’est ce qui correspond á notre vision? Si c’est pas cela je crois qu’il ya une seule chose c’est de continuer le combat comme OBAMA l’a fait et puis pouvoir être dans la position de décideurs pour pouvoir si vous voulez changer ce qu’on a eu dans notre ventre depuis le départ.

Barack Obama, en 2008 dans un contexte ivoirien, ne serait pas apte á poser sa candidature, vous qui êtes ivoirien, leader politique qu’est ce que cela vous inspire ?

Non, faut pas poser le problème de cette façon parce que la constitution des Etats-Unis elle reconnaît clairement le Droit de sol, ce n’set pas parce que son père est Kenyan. Cela dit dans le contexte ivoirien c’est justement là l’aberration, c’est cette voie que nos camarades soit disant socialistes ont emboité pour arriver au pouvoir qui a expliqué notre rupture d’avec eux depuis l’an 2000, parce que nous avons estimé pour nous que ayant une conception, si vous voulez une idéologie tout á fait particulière on ne pouvait pas s’accommoder de visée ultra nationaliste et décadente. Je crois que l’élection d’OBAMA pour ceux qui aujourd’hui font de grandes analyses devait plutôt les ramener á l’ordre et leur faire comprendre qu’ils ont eu tort d’adopter l’idéologie ivoiritaire dont l’inspirateur lui-même ne s’est pas encore repenti, vous voyez ? C’est clair que c’est un rappel á l’ordre c’est quand même une gifle si vous voulez á tous ceux qui ont considéré que c’était cette idéologie ultra nationaliste là qui pouvait conduire notre pays vers ses destinés. On voit le résultat aujourd’hui, c’est la catastrophe.

Que vous inspirent les deux dernières alternances en Guinée et au Ghana, deux pays voisins du votre ?

Disons que pour le Ghana c’est un peu la suite logique de tout ce qui se passe depuis pratiquement la fin de règne de Rawalings. C’est-à-dire que les Ghanéens ont embrassé le principe de la démocratie pluraliste et ils sont dans cette logique. Mais moi j’étais là-bas et on a plein de nos camarades qui sont dans les deux camps que j’ai rencontrés. Je crois qu’ils vivent leur vie politique avec beaucoup plus de sérénité parce qu’ils se sont rendus compte que dans tous les cas de figure vu l’expérience du passé, pour dire que si on a une classe politique qui est irresponsable on rentre dans la logique de l’instabilité politique systémique. Et c’est exactement ce qui se passe en Guinée. On espère en tout cas que le capitaine Dadis qui est au pouvoir en ce moment va éventuellement tirer les leçons de la transition ivoirienne, de la transition malienne et puis si vous voulez de l’expérience de Rawlings et Kérékou  et effectivement réorganiser la société pour que de nouvelles forces puissent émerger après des élections démocratiques organisées selon les normes internationales. Je pense que la Guinée est un pays, le plus riche de l’Afrique de l’Ouest qui n’a pas été du tout pillé par ses dirigeants quoi qu’on dise parce que Sékou Touré et le vieux Lansana n’ont pas touché du tout aux ressources minières et minéralières de cette nation alors qu’elle est immensément riche, et il suffit qu’il y est une nouvelle direction politique consciente qui ne rentre pas dans la société de pillage comme en Côte-d’Ivoire et, en moins de 10 ans ce pays va devenir l’eldorado du développement économique dans la sous-région. Donc nous souhaitons en tant que Parti Politique que la Guinée connaisse une transition tout á fait correcte et que d’ici les 2 ans que les militaires ont promis ils puissent organiser des élections. Mais vous savez très bien que la responsabilité n’incombe pas aux militaires seuls, la responsabilité incombe aux partis politiques guinéens et á leur leaders historiques. 

Avez-vous au niveau de l’UDL des contacts avec des acteurs politiques guinéens ?

Non, pas pour la Guinée en tant que tel parce que c’est un pays qui jusqu’alors était dirigé par un militaire. Quand j’étais SG de la FESCI j’avais des contacts avec des éléments du mouvement étudiant et puis avec certains leaders de parti politique. En ce moment j’ai beaucoup de camarades qui sont des responsables de ces partis politiques là, mais si vous voulez qui observent.

Fin de la première partie.

Note de la Rédaction

Cette interview contenue sur une bande sonore non-stop de 90mn sera publiée en trois étapes. Restez connecter sur Connectionivoirienne.net  afin de ne pas rater les 2e et 3e partie dans lesquelles le Président de l’UDL décrypte le marigot politique ivoirien, parle des acteurs, de son (ex)camarade Laurent, de son passé mouvementé de syndicaliste, évoque la nécessité de la 3e voie ivoirienne et lance un appel pour cette 3e voie qui se veut selon lui, la voie du renouveau ivoirien.

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WWW.IVOIREBUSINESS.NET – LA UNE – Interview du Dr Martial Ahipeaud – 17 janvier 2009

Posté par drmartialahipeaudpresse le 7 février 2009

  WWW.IVOIREBUSINESS.NET - LA UNE - Interview du Dr Martial Ahipeaud - 17 janvier 2009 dans REVUE DE PRESSE 1352  DOCTEUR AHIPEAUD MARTIAL, PRESIDENT DE L’UDL –  » JE N’AI PAS PU ÊTRE LE PORTE-PAROLE DE GNAMIEN KONAN « Le 17 janvier 2009 par Ivoirebusiness.net – De passage à Paris dans le cadre de l’implantation de son parti, l’union pour le développement et les libertés (UDL), le docteur Ahipeaud Martial a bien voulu répondre à nos questions.DR AHIPEAUD MARTIAL BONJOUR, COMMENT SE PORTE L’UDL AUJOURD’HUI?L’Udl se porte très bien, nous sommes notamment à Paris dans le cadre de l’implantation du parti, tout va très bien. QU’EST CE QUI VOUS DIFFERENCIE DES AUTRES FORMATIONS POLITIQUES ?

Beaucoup de choses nous différencient des autres formations politiques. La première, nous avons été l’un des rares partis à dénoncer la société de connivence et de pillage dans laquelle nous sommes. Et puis deuxièmement, nous sommes une force de propositions. C’est à ce titre que nous avons fait des propositions qui ont abouti aux accords de Ouaga. Nous avons aussi fait des propositions pour la lutte contre la corruption dans notre pays.

Et notre dernière proposition par rapport à l’attitude de la CEI a quand même remué l’échiquier politique ivoirien..

QUELLES ETAIENT CES PROPOSITIONS ?

Nous avons estimé que la CEI devrait assumer ses responsabilités d’organe chargé de l’organisation des élections.. Il se trouve que des incidents graves ont eu lieu à Abidjan, notamment le vol de matériel, de valises de l’identification, le non paiement des salaires des agents. Et apparemment, le président de la CEI ne se sentait pas concerné. Et c’est à la suite de notre dénonciation qu’il a commencé à bouger, et je crois qu’il est dans la bonne direction.

Donc, nous sommes une force politique de propositions qui est en train de renouveler si vous voulez le paysage politique ivoirien.

C’EST LA RAISON POUR LAQUELLE VOUS ÊTES CANDIDAT A L’ELECTION PRESIDENTIELLE ?

Non ce n’est pas pour ça uniquement. Nous pensons aujourd’hui que notre pays a besoin d’une nouvelle vision. Parce qu’il est évident que ceux qui nous ont gouvernés ont fait la preuve de leur inefficacité. En ce qui nous concerne, il est clair que l’échec leur est entièrement dû. Nous ne faisons pas de différence entre les différentes forces politiques du pays. Parce que nous estimons que ce sont des forces qui ont avec elles le bilan très lourd que nous avons aujourd’hui. Il nous faut faire la rupture avec ces forces politiques pas en tant qu’individu, mais en tant que génération. Effectivement, ce à quoi nous avons rêvé depuis deux décennies, nous puissions aujourd’hui l’avoir. C’est-à-dire, créer un espace politique, mais surtout jeter les bases du deuxième miracle ivoirien.

ALORS VOUS ÊTES AUJOURD’HUI LE PORTE-PAROLE DU PARTI DE GNAMIEN KONAN, A QUOI CELA CORRESPOND -T-IL?

Non ! Disons que vous vous trompez lourdement. L’Udl n’a rien à avoir avec Gnamien Konan. Nous avons notre parti politique et je crois que Gnamien Konan vient de créer son parti. C’est lui qui nous a rejoins sur le terrain.

ON VOUS A SOUVENT VU PORTER LA PAROLE DE GNAMIEN KONAN ?

Non non non (visiblement agacé). Je n’ai pas pu être le porte-parole de Gnamien Konan. J’ai rencontré M. Gnamien Konan sur une plateforme de la troisième voie. C’est moi qui lui ai expliqué, parce que c’est un nouveau venu, qu’il fallait que nous travaillions dans une dynamique commune. Malheureusement, j’ai constaté qu’il avait une démarche solitaire. Par rapport à cela, depuis le mois d’Avril 2008, nous n’avons plus eu en tant que tel de rencontres.

Ça ne veut pas dire qu’on n’aura pas de rencontres dans le futur. Pas avec lui seulement, mais avec l’ensemble des autres forces politiques qui ne se reconnaissent pas fondamentalement dans le Rhdp ou le Cnrd. Voilà notre vision. Construire une nouvelle Côte d’Ivoire avec ceux qui ne se reconnaissent pas dans les deux grandes formations politiques actuelles.

ALORS NOUS SOMMES EN 2009, NOUS SOMMMES A L’HEURE DES VŒUX. QUELS SONT LES VŒUX QUE VOUS FORMEZ POUR L’ENSEMBLE DES IVOIRIENS ET POUR LA CÔTE D’IVOIRE ?

Depuis pratiquement trois ans que nous avons pris l’initiative de revenir sur l’échiquier politique de façon volontaire, nous avons essayé de faire des propositions.

Deuxièmement en 2008, nous avons engagé le combat contre la mauvaise gouvernance. Aujourd’hui en 2009, ce qu’on peut souhaiter à la Côte d’Ivoire, c’est que nous ayons des élections démocratiques. Et qu’au sortir de ces élections, le pays retrouve sa stabilité et qu’un gouvernement légitime et légal puisse mettre en place sa stratégie et sa vision. Donc ce que nous souhaitons pour notre pays, c’est que ceux qui nous gouvernent au niveau d’Abidjan puissent nous donner une date pour la tenue de l’élection présidentielle. Dans le cas contraire, il est évident que le peuple ivoirien doit se mobiliser éventuellement pour porter une nouvelle dynamique, une réappropriation des valeurs, certainement l’organisation des états généraux de la nation. Et la mise en place d’une nouvelle dynamique, d’un nouveau processus au niveau politique qui devraient nous permettre d’aboutir à des élections.

MERCI DR AHIPEAUD MARTIAL. 
Propos recueillis à Paris par Christian Vabé

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3A TELESUD – Interview en direct du Dr Martial Ahipeaud – 14 janvier 2009

Posté par drmartialahipeaudpresse le 7 février 2009

La chaîne de télévision 3A Télésud reçoit le Dr Martial AHIPEAUD, Président de l’Union pour le Développement et les Libertés, ce mercredi 14 janvier 2009 à 19h (heure de Paris) en direct.

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OBAMA et le rêve … africain en marche !!!

Posté par drmartialahipeaudpresse le 23 janvier 2009

J’ai regardé l’investiture du premier président Africain Américain à la télévision. Dans le salon de notre maison familiale, toute la famille s’est rassemblée pour voir le film en couleur de la réalisation de l’audace de ce jeune Africain qui a rêvé de devenir président des Etats-Unis d’Amérique pour changer le monde.  

Le changement, Obama l’a dit depuis le début de sa campagne, ce n’est pas une question de race, encore moins de classe sociale ou autre. C’est avant tout le rêve de quelqu’un. Ensuite, il s’agit pour lui de se battre, de tomber sur ces gens qui comprennent son combat et enfin, de s’organiser pour arriver au bout. Il ne s’agit pas de dire « ah ! Avec un peu de chance » mais de crier haut et fort « Yes We Did it » : oui, nous avons réussi. Si Obama a réussi, c’est bien parce qu’il a compris le fonctionnement intime du système de son pays pour ensuite le mettre à rude épreuve.    

Mais s’il a réussi, c’est parce qu’avant lui, des hommes et des femmes se sont sacrifiés. En un mot, il n’y a pas de génération spontanée. Il y a l’organisation, la lutte et la conviction. Je veux ici le féliciter. Je veux encore dire que rien ne lui arrivera malgré les esprits chagrins qui lui souhaitent le malheur pour ne pas qu’il accomplisse sa mission historique.

 Car comme en 1930, Roosevelt atteint de poliomyélite, sauva les Etats-Unis, de même, en 2009, Obama, le kamite, sauvera l’Amérique et le monde de la catastrophe économique actuelle.  Je ne doute pas une seconde qu’il réussira. La raison : il a en horreur la culture de la défaite et de la médiocrité ; donc, il va réussir. En plus, il a Dieu avec lui !  Pour moi, jeune Africain qui rêve de voir notre continent en marche, je veux me rappeler ces principes qui font la force des nations et des grands hommes.

Il faut rêver grand. Mais il faut travailler dur. Il ne faut pas dire l’autre m’a empêché de réussir. Il faut plutôt proclamer « malgré les traquenards et autres pièges, j’ai réussi ». Je ne dis pas que nous ne devons pas prendre en compte le passé ou la réalité. Je dis tout simplement que le passé ne doit pas nous retenir dans les chaînes de La médiocrité, ni les difficultés, nous imposer l’échec. En définitive, si on regarde de près, Obama, ce n’est pas seulement le rêve américain.   C’est le rêve de tous, celui des Africains aussi, celui de voir leur continent être une référence. Et cela, par le travail et l’audace de l’espérance. En cela, Obama devient la symbolique d’une foi profonde en la capacité régénératrice de l’homme.  En un mot, Seule la lutte paie !    

Amen

Dr Martial Ahipeaud

 

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Lettre Ouverte au Dr Ngouan Patrick, Président de la Convention de la société civile

Posté par drmartialahipeaudpresse le 22 janvier 2009

Cher Ami et Frère, 

Je viens, par le biais de cette note, te saisir directement de ma préoccupation. Je souhaite comprendre votre démarche méthodologique et votre but dans l’organisation des journées du consensus national. 

1-      La problématique du consensus national : Lorsque je regarde la lutte pour la démocratie menée ces deux dernières décennies, je vois des conférences nationales, des états généraux de la nation, des commissions vérité et réconciliation nationale et, pour notre cas, forum de la réconciliation. En quoi les journées du consensus national seront-elles différentes du Forum? Devrais-je croire que la crise actuelle est celle d’un manque de consensus alors que je sais que le Forum a échoué du fait de sa banalisation et du manque de volonté politique?

N’y a-t-il pas eu débats lors de toutes les conférences qui ont abouti aux différents accords? Ces accords sont-ils mauvais ? Pourquoi alors les avoir signés ? Si la signature n’engage pas le signataire, à quoi bon faire des conférences et autres journées ? A-t-on respecté même le code de bonne conduite que tous les partis ont signé mais que personne ne respecte ? Dans un pays où personne n’a jamais eu tord et où tout le monde a raison, il y a bien un consensus: la mauvaise foi est reine et l’égocentrisme la boussole dans l’arène politique.

Est-on au moins d’accord sur cette conclusion ? Dès lors, pourquoi encore des journées que votre méthodologie tue dans l’œuf. 

2-      Les Problèmes et la manière de les poser : Comment voulez-vous aboutir à un résultat quand vous entendez faire les choses comme vous le planifiez ? En effet, qui viendra dire quoi? A qui? Pour quel objectif? Et quel en sera le résultat?

Je crois que le contraire de votre méthodologie s’impose si vous voulez vraiment organiser le consensus si tant il est qu’il n’existe pas.  Ainsi, il serait utile que les parents de ma grand-mère Guébié sachent finalement ou est passé leur fils Kragbé Gnagbé? Et combien de personnes les soldats de notre armée ont-ils tué pour que Pedro parle d’obscurité en pleine journée? Qui viendra panser les plaies encore béantes de ce peuple ou de celui du Sanwi, des parents de Mockey ou de Dioulo? Qui a fait quoi, notamment le coup d’Etat, le charnier de Yopougon, la rébellion? Le peuple de Lakota veut aussi savoir qui a tué Boga et le peuple Yacouba entend aussi exiger de l’Etat, la vérité sur la mort de Guéi Robert. Est-ce que Bédié a vraiment raison de dire qu’il pardonne aux bénéficiaires et autres commanditaires du coup d’Etat quand lui-même ne se reproche rien? L’ivoirité est-elle aussi innocente dans cette crise? Mais qui a envoyé les déchets toxiques? Ou est passé l’argent de la mort qui devrait servir à construire un hôpital et une décharge moderne? Mais, en fait, où sont passés les 12.000 milliards de budget que l’ensemble des partis membres du  gouvernement gèrent ensemble depuis 2003? Quel est le vrai chiffre du chômage ou de la production pétrolière?

Je ne crois pas qu’il soit possible de répondre à ces questions autrement que sur la place publique. Pourriez-vous avoir la retransmission en direct sur la première chaîne ?

Je parie que Non. 

La réconciliation passe pourtant par la recherche de la vérité. Car sans la vérité et la justice, il n’y aura jamais de paix véritable dans notre pays.   

3-      Conclusion: La conférence nationale comme moyen pour le consensus : En toute franchise, je reste persuadé que notre pays n’a pas besoin de journée de réconciliation mais plutôt d’une conférence nationale souveraine capable d’analyser les causes de la crise dans le fond. A défaut de combattre pour obtenir ce cadre de concertation et de remodelage du futur, il est mieux d’exiger du gouvernement issu des accords de Ouagadougou, une date pour les élections objectives.

Seule la lutte pacifique et déterminée du peuple, sans opportunisme et arrogance, reste la solution. 

Le 20 Janvier 2009 

Dr Joseph M Ahipeaud 

 

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Les voeux du Président Martial Ahipeaud à la Côte d’Ivoire

Posté par drmartialahipeaudpresse le 28 décembre 2008

Le sens de notre lutte : Bonne et Heureuse Année Ivoirois, Ivoiroises et à tous ceux qui aiment l’Afrique!

Dans un pays où une femme enceinte accouche un serpent à la place des jumeaux qu’elle attendait, ou encore un enfant est né sans ses yeux, et enfin, des étudiantes se prostituent dans les bars de Biétry à 5000 F Cfa ( 8€) la passe, il n’y a plus rien qui puisse choquer. Mais, pour cette fin d’année, je vais vous faire des vœux, Ivoirois, Ivoiroises et tous ceux qui aiment l’Afrique.

Je suis arrivé depuis quelques jours à Londres où vivent ma femme et mes enfants. Ma dernière accepte un peu difficilement ma longue absence, puisque je suis depuis cette année enseignant à l’université de Bouaké. L’aîné est sur sa PlayStation 3 en pleine démonstration de la réalité de la mondialisation par la révolution technologique. Il passe le clair de ses vacances à jouer avec ses amis et d’autres jeunes sur le net à travers le monde par le biais de leur produit Sony via l’accès internet sans fil. Visiblement, il est dans son monde comme tous les enfants ici qui sont accoutumés à la révolution du virtuel.

Dans la journée, je me perds dans mes pensées et mon épouse me ramène sur terre en me demandant à quoi je pense. Mais est-ce que j’ai vraiment le courage de lui dire ce à quoi je pensais ? Justement, mes pensées allaient directement vers la question fondamentale de ce qui justifiait mon départ sur Abidjan et mon absence prolongée loin de ma famille. Pourquoi, diplômé SOAS, je me retrouvais en plein drame scientifique à l’université de Bouaké ? Car à Bouaké, les enseignants font grève parce qu’ils n’ont pas encore reçu leurs primes de correction de l’année 2006-2007, alors qu’ils sont en train de finir (en décembre 2008), l’année scolaire 2007-2008. Voilà où je me retrouve avec, en plus, des devoirs d’étudiants qui ont failli me donner une dépression en raison de leur bas niveau.

En fait, avec mon arrivée sur place à Abidjan, j’ai pu entrer en contact avec la réalité de mon pays. Certainement que j’exagérais lorsque je croyais que la situation était grave. Aujourd’hui, je crois que j’étais même très optimiste puisque le pays risque de ne plus exister dans quelques années. Voilà où nous en sommes après dix années de lutte pour la démocratie et le développement ! Car il ne faut point se tromper. Tout est à l’envers dans le pays. Les valeurs existantes ont pour nom : course folle à l’argent, dévergondage sexuel immonde généralement admis comme norme, corruption généralisée, destruction des acquis, démolition à grande vitesse des infrastructures, société de connivence et de pillage, bref, mort lente de toute une nation.

Je ne sais pas si Dieu a voulu que je sois sur place pour comprendre ce qui se passe. Mais, maintenant que je suis revenu pour les vacances à Londres, je suis en pleine crise psychologique. Comment tout cela arrive et que rien ne peut empêcher cette chute pourtant annoncée et connue de tous ? Vers quoi allons-nous ? Comment pourra-t-on rattraper le retard que nous accumulons ? Qu’est-ce que nous retrouverons comme pays dans les trois ou cinq années à venir ? Peut-on encore se payer le luxe de report sine die des élections ? Les élections sont-elles vraiment la solution si solution il existe encore ?

Comme si tout cela ne suffisait pas, Ouaga 4 nous annonce clairement que les élections se tiendront dans deux ans alors que le facilitateur lui-même disait qu’Avril 2009 était la date fétiche. Pourquoi puis-je affirmer que 2010 est la date fixée finalement pas Ouaga 4 ? Tout simplement parce que selon les conclusions rapportées par la presse proche du dossier, les forces armées nationales seront parachevées dans leur mouture finale par le président élu un mois après son élection et cela dans un processus qui devra durer au plus deux ans. En d’autres termes, la nouvelle armée sera finalisée par le nouveau président alors que personne en dehors de Gbagbo n’est associé à cet accord.

Et si ce dernier n’était pas élu ? Quel président pourra diriger un pays avec une telle armée ? Une telle armée pourra-t-elle assurer la paix et la sécurité demain dans un pays sans le consentement de l’ensemble des Ivoiriens ?

On nous appelle vraiment Ivoiriens à dessein. Pour imiter le maître de la parole, je dirai qu’il faut scinder le mot en trois parties : ‘‘I’’ pour dire que les gens qui ont la gestion du pays pensent d’abord à leurs personnes. I en anglais, c’est MOI et si nous voulions traduire en chiffre, ce serait 1. Donc, à tout point de vue EGOCENTRISME. Ensuite, nous voyons ‘‘VOI’’, c’est-à-dire, la vision, la voie à suivre, les perspectives. Cependant, le ‘‘RIEN’’ annule complètement le concept précédent. En d’autres termes, IVOIRIEN= Egoïste qui n’a aucune vision, aucune perspective, bref, un véritable ignare.

Est-ce pour cela que, ce pour quoi nous avons fait la rupture avec le parti unique, a donné un tel désastre ? Pourquoi dit-on que c’est le pouvoir qui change l’homme alors que l’homme devrait changer le pouvoir ? Si c’est pour faire les mêmes choses, pourquoi alors s’emmerder ou alors se mettre un doigt dans l’œil en prétendant que nous luttons pour notre peuple ? N’est-il pas mieux dans ces conditions de rester dans nos conditions actuelles en cherchant à les améliorer ? Pourquoi accepterai-je de faire souffrir ma famille pour reproduire les mêmes pourritures ? Pourquoi devrais-je risquer les frappes nocturnes des escadrons de la mort? L’esprit d’Hérode règne sur la nation. Que peut faire un pauvre enseignant comme moi ?

Si je ne connais pas les réponses à toutes ces questions, je sais au moins une seule chose : c’est que je ne suis pas un IVOIRIEN mais un IVOIROIS. Oui, Ivoirois car j’ai eu une vision royale pour mon pays et je l’ai partagée avec toute une génération. Je pouvais me tromper. Mais je ne crois pas que ces millions de jeunes et de vieux qui ont cru en notre lutte se soient tous trompés. Sauf s’ils ont cru que nous avions la même vision. Moi, en tout cas, ma vision, c’est de voir un jour les enfants de mon pays être capable de participer à la mondialisation, non pas comme des victimes, mais bien comme des acteurs. Je sais que ma vision, hier comme aujourd’hui, reste de pouvoir être libre dans mon pays ou alors de gagner décemment ma vie par le travail honnête. Je ne crois pas que ma fierté sera de me pavaner sur des routes à trous de la mort dans quelques 4X4 rutilantes. Je ne crois pas non plus que mon rêve est de me voir seul triomphant dans ma famille. Bien au contraire, j’ai participé à l’éclosion de milliers de fleurs même si certaines nous ont piquées, elles restent des fleurs qui ont besoin d’entretien.

Je ne crois pas avoir tué le génie de chacun pour mon triomphe égoïste. Si mon diagnostique est vrai, je crois avoir été seulement un chef d’orchestre qui a permis à toute une génération de prendre ses responsabilités historiques. Ma victoire a été celle de toute une élite et non pas celle d’un génie que je serais.

C’est pour cela que je crois qu’il est juste, une fois de plus, de prendre ce risque pour mener le même combat. Mon épouse reste mon soutien, ma génération mon inspiration et Dieu ma bannière. Avec Dieu, nous ferons le miracle du changement de notre propre histoire. Et ça, c’est aussi le sens de notre lutte : espérer par la foi, agir par la raison, triompher par l’audace, et cela, ensemble, ici et maintenant. Que l’année 2009 soit celle de la fin du cycle du tourbillon.

Dieu vous bénisse !

Martial Joseph AHIPEAUD                                                                        

Président de L’Union pour le Développement et les Libertés – U.D.L.

 

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Conférence de presse du Président Martial Ahipeaud

Posté par drmartialahipeaudpresse le 10 décembre 2008

Le Dr Martial Ahipeaud, Président de l’Union pour le Développement et les Libertés était face à la presse ce mercredi 10 décembre à Abidjan, pour une analyse de la situation socio-politique après le énième report des élections. Ci-dessous l’intégralité de son propos. 

Le 30 Novembre 2008 était la date fixée pour les élections présidentielles. N’ayant pas eu lieu, nous assistons ces derniers temps à un pugilat entre le FPI et les FN qui donne la nette impression que le pays va encore retourner dans la crise armée. Nous, Union pour le Développement et les Libertés, entendons faire une analyse de la situation et donner notre position claire pour un avenir démocratique de notre pays. 

1- LE 30 NOVEMBRE COMME NON SMART 

Depuis le 8 Mai 2008, notre Nation avait été informée par nous, l’UDL, que les élections ne pouvaient se tenir le 30 Novembre pour des raisons politiques et techniques. 

En effet, d’un point de vue purement technique, l’opérateur avait besoin d’au moins huit mois pour atteindre ses objectifs. Par ailleurs, si nous y ajoutions le temps de vérification des listes obtenues, notre timing nous faisait penser que le processus d’identification et de distribution des cartes nationales d’identité et d’électeurs ne pouvait se faire en moins de dix mois. Si nous devrions prendre en compte le désarmement et la mise en place de la nouvelle armée nationale seule habilitée à sécuriser les élections, il était clair que le processus électoral ne pouvait pas se tenir en moins de douze mois et ce, en comptant sur la bonne foi et l’engouement des acteurs pour une sortie de crise effective. Sur cette base, le 30 Novembre n’était pas tenable. Reste maintenant à quel moment peut-on prétendre tenir ces élections qui restent la seule solution de sortie de crise ? 

Pour que la nouvelle date soit SMART, c’est-à-dire, Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste et enfin Temporellement effective, il est bon de réunir avant tout les conditions politiques, notamment une équipe gouvernementale et électorale efficientes. 

2- LE GOUVERNEMENT COMME GENETIQUEMENT INCAPABLE 

Ainsi, la nature et le manque d’effectivité du gouvernement devient une des premières causes de la situation actuelle d’imbroglio total. 

Car depuis les accords de Marcoussis, le gouvernement n’a pas d’autre mission que celle de caisse noire aux partis et de zone de confrontation feutrée doublée d’une connivence absolue sur la gestion véreuse de l’Etat et de l’économie. Ce gouvernement des Directeurs Nationaux ou Locaux de Campagne des chefs ne fait que travailler pour le compte de leurs Chapelles sans faire référence aux besoins de la population. Comment dans ces conditions, un Premier Ministre peut-il faire quoi que ce soit? Car il ne s’agit pas seulement d’organiser des élections. Il s’agit aussi de remettre les Ivoiriens au travail et créer les conditions d’un retour de notre pays à la normale. Car si le Premier Ministre Soro travaille effectivement à la sortie politique de crise, il revenait aux autres ministres de faire leur travail pour que le pays se remette sur les pieds. Visiblement, ce n’est pas le cas. 

Par exemple, c’est avec ce gouvernement que les prix du carburant ont été multipliés et n’arrivent plus à baisser malgré le cours mondial du pétrole qui est chuté en dessous des 50$. Les ministres des partis devraient ainsi pousser leurs collègues des mines à revoir les prix. Mais depuis, silence radio. 

Par ailleurs, c’est ce même gouvernement qui a privilégié le remboursement de la dette extérieure alors que le pays avait besoin de cet argent pour organiser lui-même ses élections, condition principale imposée par le FMI et la Banque Mondiale pour justement faire bénéficier au pays les conséquences de sa classification comme PPTE . Car à y voir clair, si nous pouvons rembourser cette dette avec ces milliards, c’est que nous pouvons avoir l’argent pour autre chose. Pis, si nous devons organiser les élections, pourquoi alors donner l’argent aux institutions vers qui nous allons encore retourner pour demander les fonds pour organiser nos élections? Violente question qui nous fait dire tout simplement que le gouvernement s’est fait avoir, risquant ainsi un assèchement des caisses de l’Etat et un grand risque de désordre alors que la non-tenue des élections était déjà une condition grande de désordre. On est où là ? 

L’UDL s’étonne que le FPI ne s’attaque pas à cette donne fondamentale et s’en prenne au Premier Ministre qui a fait son travail. Mieux, les bruits dans sa base attestent clairement qu’il veut aujourd’hui être celui par qui la paix est revenue. Pourquoi alors l’attaquer et non lui donner les possibilités d’aller jusqu’au bout de sa logique ? L’UDL attend du FPI qu’il retire ses directeurs de campagne du gouvernement, poussant ainsi les autres partis à faire autant pour donner la possibilité au Premier Ministre de faire son travail dans l’effectivité et non de distraire le peuple ivoirien en le détournant des vraies causes de la crises, notamment l’impossibilité voulue d’organiser les élections par tous. Si le gouvernement, dans sa composition comme dans sa nature, est génétiquement incapable de conduire le peuple ivoirien vers des élections, peut-on alors compter sur la Commission Electorale Indépendante? 

3- MAMBE DISCREDITE ET LA CEI MENACEE D’INEFFECTIVITE 

En effet, la CEI reste la seule structure capable de sortir notre pays de cette quadrature. Mais l’incapacité notoire, sinon l’incompétence avérée de son président devient une menace encore plus grave sur le processus électoral. Car il ne s’agit pas pour le peuple ivoirien d’aller aux élections pour réunir les conditions d’une confrontation généralisée comme au Nigéria où les affrontements postélectoraux ont fait plus de deux cent morts. En Côte d’Ivoire, un tel risque ne doit pas être pris. C’est pour cela qu’il faut dénoncer les travers du système qui vont nous conduire inexorablement à l’abattoir. Et cela, Mambé est en train de le faire. Est-il coupable d’incompétence ou certainement ne comprend-il pas sa responsabilité historique ? L’UDL veut lui dire directement que s’il n’est pas capable d’assumer une telle fonction à un tel moment de notre histoire, il serait plus sage pour lui de démissionner ici et maintenant pour éviter d’entrer dans l’histoire de notre pays comme une des personnes qui aura réuni les conditions de la vraie guerre civile. De quoi s’agit-il? 

La CEI doit organiser les élections. Mais elle doit surtout réunir les conditions de leur non contestation par la suite pour éviter un conflit plus meurtrier que celui que nous avons connu? Questions à plus d’un milliard de dollars: Comment alors expliquer que la CEI ait négligé la dimension sécuritaire du processus? Comment la CEI peut expliquer le vol du matériel d’enrôlement sans qu’aucune action vigoureuse n’ait été entreprise pour marquer le coup et indiquer clairement à tout contrevenant au processus électoral qu’il serait comptable de ses actes? Comment des valises d’identification sont volées et aucune suite n’est donnée et les voleurs se promènent tranquillement dans la nature ? Que se passera-t-il le jour des élections si un candidat, sentant qu’il perd les élections, organise le vol ciblé des urnes ou autres documents dans les circonscriptions qui lui sont défavorables ? Comment la CEI, garant de l’application du code de bonne conduite, laisse-t-elle Blé Goudé insulter Bédié ou alors KKB le faire pour Gbagbo sinon Bédié lui-même injurir le FPI et le FPI empêcher un meeting de Diabaté sans réagir ? Que fera Mambé alors le jour des élections ou alors dans la période postélectorale si aujourd’hui il n’est pas capable de s’imposer comme le chef d’orchestre capable de faire jouer au rythme indiqué à chaque acteur ? Cette cacophonie ne prélude-t-elle pas du désordre en préparation ? Comment Mambé, en charge du processus électoral, n’a-t-il pas été capable d’annoncer au peuple ivoirien le report des élections et a-t-il pris le risque de donner cette latitude à un président étranger fusse-t-il le facilitateur des accords de paix inter-ivoirien au risque de faire dire aux analystes que notre pays est aujourd’hui sous protectorat burkinabé ? Est-ce la faute à Blaise Compaoré si les institutions ivoiriennes se discréditent elles-mêmes ? Pourquoi les membres du CPC n’ont-ils rien dit au peuple et ont laissé le Président du Faso annoncer au peuple Ivoirien que ses élections étaient reportées en Avril 2009 ? On est où là ? 

C’est compte tenue de toute cette analyse que l’UDL condamne 

  • les propos discourtois et violents de certains qui ne font qu’allumer le feu en lieu et place de faire des propositions concrètes pour un avenir radieux de notre pays 

  • Les attaques diverses contre les accords politiques de Ouaga et des personnalités qui les conduisent. L’UDL soutient le Premier Ministre et l’encourage dans ses efforts en dépit de la résistance de certains de ses camarades. A eux, l’UDL dit que la vérité est dans Ouaga. 

L’UDL appelle les partis politiques à la retenue car ce n’est pas signe de sérénité de leur part que de s’adonner à l’agitation puérile et propose : 

  • Soit la mise en place d’un gouvernement sans les DLC/DNC avec une équipe capable de faire le travail et non des creuseurs de mine en quête de plus d’or non pas pour le pays mais pour eux et leurs Famas. Si Gbagbo et Soro ne peuvent pas se donner les moyens de l’efficacité de l’action gouvernementale, qu’ils tirent eux-mêmes les conclusions. Ou alors, devrait-on encore avoir l’autorisation de Blaise Compaoré ? Et si demain la Côte d’Ivoire explose, à qui le peuple ivoirien demandera-t-il des comptes ? Le peuple ivoirien ne veut pas d’élections qui vont déboucher sur des boucheries. C’est pour cela que le Président Gbagbo et son Premier Ministre, en collaboration avec tout le monde, doivent réagir pour donner au peuple ivoirien un gouvernement capable de non seulement organiser les élections, mais aussi de sortir le pays de la crise par son effectivité. Le chômage et la pauvreté n’attendent pas les élections et le peuple dans toutes ses composantes meurt chaque jour. N’est-ce pas ? 

  • Soit la convocation d’une Conférence Nationale capable de s’approprier les accords de Ouaga et de les traduire dans un chronogramme clair et applicable pour et par tous. Car de toute évidence, la Côte d’Ivoire a besoin d’un consensus qui lui donnera la possibilité de se refaire tout en revenant sur les causes des crises et plaies de son Histoire. Si nous voulons aller à la paix effective, il faudra revoir notre passé et repenser notre avenir. La nouvelle armée ivoirienne, républicaine, patriotique et démocratique ne sera jamais sans un tel cadre capable de créer la confiance, faire revenir les dissidents aujourd’hui hors du pays et donner de l’espoir au peuple. Elle seule sera aussi capable d’assurer la sécurité pour tous. 

  • La démission de Mambé et son remplacement par une personnalité ayant suffisamment du répondant et capable de tenir une organisation indépendante. Car sans son indépendance et sa détermination à imposer le respect des règles électorales que nous nous sommes fixés, la CEI ne fera rien d’autre que creuser le trou dans lequel la Côte d’Ivoire sera engloutie. C’est pour cela que cette question est au-dessus des intérêts partisans et exige de la hauteur aux Famas et leurs suiveurs ? Le peuple ivoirien a besoin d’être rassuré pour pouvoir aller voter en toute quiétude. Et cela, c’est bien de la responsabilité du Président de la CEI et de son équipe. 

  • Le Rassemblement des forces non satellitaires du RHDP et du CNRD. Car, de cet ensemble, dépendra le futur démocratique et pacifique de notre pays et non sa ruine que certains souhaitent tous les jours par leurs actions comme la femme du jugement de Salomon. 

Abidjan, le 10 Décembre 2008 

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