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LE PATRIOTE – Martial Ahipeaud : je suis persuadé que les Ivoiriens ne laisseront pas cette imposture continuer

Posté par drmartialahipeaudpresse le 9 avril 2009

8 avril 2009 – LE PATRIOTE

Premier secrétaire général de la FESCI, Martial Ahipeaud est aujourd’hui à la tête d’un parti politique. Dans cet entretien à bâtons rompus, il nous parle de l’actualité politique, de l’opposition, de sa trajectoire politique, de ses aînés en politique et des prochaines élections -In Le Patriote du 07 Avril 2009 Par Jean-Claude Coulibaly 

Le Patriote : Monsieur le président, l’une des actualités récentes, c’est l’interpellation du président Innocent Anaky du MFA qui a été détenu à la Direction de la Surveillance du territoire pour des propos dits séditieux visant à porter atteinte à la sûreté de l’Etat. L’opposition a apporté tout son soutien au président Anaky. Vous, quel est votre point de vue dans cette affaire ? 
Martial Ahipeaud : Son interpellation est encore plus condamnable. D’une part parce que la procédure comme le fond n’est pas correcte. D’autre part parce que fondamentalement, c’est un précédent qu’il faut éviter. Sur ce point, il y a matière à réflexion pour l’opposition qui doit protester vivement contre cette situation. Parce que lorsque l’armée de Côte d’Ivoire intervient à la télévision pour dire qu’elle souhaite qu’on arrête quelqu’un, demain elle peut faire autre chose. Il faut donc s’inquiéter de cette violation des procédures.
LP : N’est-ce pas cette attitude attentiste de l’opposition qui fait que la crise perdure ? LP : Que pensez-vous de l’armée, la grande muette… 


M.A : L’armée n’est pas du tout muette. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une situation de guerre. Vous ne pouvez pas dire que l’armée est muette. Il y a deux armées, une loyaliste à Laurent Gbagbo et une autre qui s’est rebellée pour les raisons qu’on lui connaît. Donc l’armée actuelle, elle n’est pas du tout muette.
LP : Comment jugez-vous son attitude ? 
M.A : A mon avis, l’armée ivoirienne est une armée profondément républicaine. Elle est toujours aux ordres des hommes politiques. Elle accepte la direction de celui qui est au pouvoir. Au niveau des Forces nouvelles, après la mise en place de la structure politique, l’état-major s’est mis à la disposition du secrétaire général des Forces nouvelles de telle sorte qu’il est devenu le chef incontesté de la rébellion. Donc c’est une armée qui respecte traditionnellement les autorités politiques. Ce qu’il faut, c’est que le peuple de Côte d’Ivoire comprenne clairement l’enjeu de la situation et que l’opposition s’organise. Je ne crois pas que l’armée de Côte d’Ivoire puisse tirer sur le peuple qui aura choisi son président. 

LP : Vous, est-ce que vous faites confiance en cette armée ? 


M.A : Moi je fais entièrement confiance en cette armée pour une raison simple. C’est qu’elle a pour vocation de défendre les institutions et le peuple de Côte d’Ivoire en fonction de l’opinion dominante derrière laquelle elle doit se ranger. Je ne vois pas comment elle ne le ferait pas. Auquel cas, elle se transformerait en réalité en une milice. Ce qu’elle n’est pas en réalité. Parce que nous sommes persuadé aujourd’hui que l’armée est là pour défendre les intérêts de la Nation. 

LP : Nous sommes actuellement engagé dans l’opération d’identification qui doit nous conduire vers les élections. Mais les populations craignent qu’à cause de la manière dont sont engagées les choses, il n’y ait pas d’élections en cette année 2009. Vous, quel est votre avis ? 

M.A : Nous, depuis l’année dernière, nous avions déjà dit que 2008 n’était pas tenable pour telles raisons. Parce qu’on ne pouvait pas faire un processus qui demandait un minimum de huit mois en quatre ou cinq mois. Aujourd’hui, quand on fait le point au dernier chiffre publié par la Commission électorale indépendante, on a à peu près six millions de personnes enrôlées. Au moins deux tiers de la population électorale est identifiés aujourd’hui. Il reste encore un tiers. Je crois d’ici le mois de mai ou fin juin, on aura une liste électorale potable. Au mois de juin, on a la liste électorale et que le mécanisme de distribution des cartes d’identité et des carters d’électeurs est en place, sauf mauvaise foi manifeste de la part de ceux qui gouvernent ou qui profitent de la situation de confusion actuelle, on pourrait fixer pour le mois d’octobre ou de novembre au plus tard, l’organisation de ces élections-là. L’organisation, c’est autre chose. Le principe voudrait qu’à partir du moment où la population électorale est identifiée, il n’est pas normal que des mois et des mois passent pour que l’on arrive directement aux élections. 

LP : Donc les élections cette année, vous y croyez. 

M.A : Moi, je pense qu’il faut aller aux élections cette année. Parce qu’il n’est pas normal que cette situation dure et que les élections deviennent un serpent de mer. Il ne faut pas oublier dans une situation comme le nôtre, que la population peut réagir de façon extrêmement difficile si elle ne voit pas le bout du tunnel. Il faut donc créer les conditions d’une espérance nouvelle, d’une possibilité de changement pour que les sentiments extrémistes ne prédominent et envoyer le peuple vers une sortie de crise pacifique. Contrairement à ceux qui croient qu’il faut une confrontation ou une autre guerre fratricide pour qu’un camp gagne. Nous ne sommes pas partisan de cette solution.LP : Quelle est la part de l’Union pour la Démocratie et les Libertés, votre parti dans le processus de sortie de crise ? 

M.A : D’abord vous savez que c’est nous qui avons fait au mois de septembre 2006, l’essentiel des propositions qui ont été utilisées par le pouvoir et les Forces nouvelles pour faire les accords de Ouaga. Donc, nous, nous accompagnons le processus par divers canaux ; notamment diplomatique et politique. Nous sommes également sur le terrain pour campagne contre la mauvaise gouvernance qui a cours ces dernières années et pour qu’il y ait une mobilisation de la population pour que les prochaines élections nous permettent de choisir entre deux camps. C’est à dire ceux qui veulent le changement de fond en comble et ceux qui veulent maintenir une logique de pillage systématique des ressources et de mauvaise gouvernance. 
LP : Partagez-vous l’avis de ceux qui croient que Ouaga a échoué? 

M.A : Non, je ne crois pas que Ouaga ait échoué ! Pour la raison toute simple qu’aujourd’hui, on a réussi à faire enrôler six millions d’Ivoiriens. Avant Ouaga, ce n’était pas le cas. On peut dire que Ouaga est au ralenti. Mais cette situation est due à la volonté politique de ceux qui dirigent Ouaga. Parmi ceux qui dirigent Ouaga, il y a non seulement le président Gbagbo et le Premier ministre Guillaume Soro, mais aussi, les leaders de l’opposition que sont les présidents Bédié et Ouattara. Donc, c’est à eux de donner un coup de fouet au processus. Maintenant, si on estime que ce n’est pas rapide, il faut chercher les causes. On a dit que c’était les problèmes financiers. Apparemment ce problème vient d’être réglé avec la mesure PPTE qui vient d’être obtenue. Donc, cela ne doit plus poser de problème. Je crois dans les trois mois qui viennent, on doit avoir un processus complètement boosté. Dans le cas contraire, je crois qu’il faut appeler à un mouvement populaire, éventuellement pour contraindre les acteurs actuels à accélérer la procédure. 

LP : Parlant de la lenteur du processus, vous avez mentionné la volonté politique. Est-ce que le président Laurent Gbagbo n’a pas une grande part dans cette situation ? 


M.A : Moi, je n’accuse pas le président Laurent Gbagbo seul. Je dis que c’est la responsabilité de l’opposition de s’opposer lorsqu’il faut s’opposer. Mais lorsque l’opposition n’a pas de stratégie cohérente et qu’on réagit chaque fois par une situation créée par le président Gbagbo, ce n’est pas sa faute. Si lui, il était dans l’opposition, je suis persuadé que les choses allaient être différentes. Parce qu’il a été toujours cohérent dans sa démarche tactique et stratégique. Donc aujourd’hui, l’opposition telle qu’elle se définit est quand même assez bizarre. Un ministre qui dépend d’un parti politique de l’opposition et qui refuse de sortir du gouvernement. Voyez-vous, de quelle opposition sommes-nous en train de parler. Donc cela veut dire que c’est la politique du ventre qui prédomine plus les préceptes et les principes. C’est vrai qu’on peut expliquer par mille raisons que le ministre du MFA ait refusé de quitter le gouvernement. Mais en réalité, si c’était une opposition qui était cohérente, normalement le ministre et le chef du parti devraient être en symbiose. Ce qui n’est pas le cas. Mais au sein du RHDP, à partir de cette crise, on a vu que le RHDP avait abandonné Anaky. Alors que si j’ai bien compris sa démarche, il aurait souhaité que le RHDP ait une démarche cohérente. C’est-à-dire qu’on ne peut pas dire : Laurent Gbagbo pose problème et en même temps on est avec lui dans un gouvernement et on ne fait rien pour faire avancer les choses. Donc vous comprenez que la faute n’incombe pas à Gbagbo. C’est à nous qui sommes de l’opposition de nous remettre en cause. 

LP : Mais, le RHDP, dans cette affaire a suffisamment démontré sa solidarité. N’oubliez pas que dans l’alliance des Houphouétistes les partis demeurent autonomes et libres. 

M.A : Bon, maintenant si on réagit comme cela, quelle va être la position du RHDP lorsqu’on va être à la présidentielle?
LP : Mais la plate-forme est clair. La plate-forme stipule que tous les partis membres vont au premier tour. Au second tour, tous les autres candidats soutiennent le candidat le mieux placé. 
M.A : Ca, c’est ce que la plate-forme dit. Mais les partis ne sont pas phagocytés par la plate-forme, ils peuvent demander de voter un autre candidat. Il ne s’agit pas, quand on dit qu’on est dans l’opposition, de focaliser la démarche tactique sur un seul point qui est, en réalité, la finalité du processus. C’est lorsque pendant une période donnée on construit une solidarité dans les actes et dans l’action qu’à un moment donné, les masses peuvent se reconnaître dans une démarche. Mais à partir du moment où on arrête un leader d’opposition et on n’a même pas une contestation, même symbolique, si demain, on arrête Ouattara pour n’importe quelle raison quelle va être la réaction d’Anaky ? Si on arrête Wodié, quelle va être la réponse d’Anaky et même si on arrête Ahipeaud, quelle va être la réponse d’Anaky ? 


LP : Mais à la conférence de presse qu’il a animée, le RHDP a condamné cette arrestation. 
LP : L’opposition a suffisamment démontré sa solidarité au président Anaky. Le directoire du RHDP a fait un communiqué à la hauteur de l’événement. Il a même en semaine, rendu visite au président Anaky au siège de son parti pour exprimer cette solidarité… 

M.A : Non, non ! Ici, nous n’allons pas nous comprendre. On fait de l’opposition ou on fait de l’intellectualisme. On n’est pas ici dans un village où lorsqu’il y a un malheur on va rendre visite. Il s’agit de poser des actions politiques. Lorsqu’on arrête quelqu’un, même s’il a fait une bêtise, les militaires de Côte d’Ivoire ne peuvent pas donner l’ordre de violer les lois de la République. L’Etat même ne peut pas accepter que cette violation ait lieu. Troisièmement, le peuple de Côte d’Ivoire ne peut pas accepter que des gens arrêtent certaines personnes au moment où d’autres personnes sont en train de manifester dans les rues pour exiger que des individus soient graciés par l’ONU. On trouve cela normal. Je pense que c’est extrêmement grave que l’opposition n’ait pas compris le message. C’est qu’il fallait condamner l’arrestation d’Anaky. Mais l’opposition et le peuple de Côte d’Ivoire auraient du se retrouver dans un stade, dans un lieu clos pour que la démonstration de force serve de leçon à ceux qui ont donné cet ordre. Cela n’a pas été le cas et je pense que c’est malheureux.LP : L’UDL est un parti de l’opposition. Pourquoi n’a-t-elle pas sauté sur l’occasion pour protester de façon véhémente comme vous le dites ? 
M.A : Aujourd’hui, nous sommes en train de travailler sur un plan du renforcement des forces de la troisième voie et nous n’avons pas encore fini ce mécanisme. Sinon, on avait déjà pris la décision, en ce qui concerne les partis qui travaillent sur ce projet de présenter une plate-forme le samedi et Anaky a été arrêté dans la soirée du vendredi. Dans les semaines qui vont suivre, on attend organiser une sortie et discuter avec le RHDP clairement des perspectives au niveau politique. Car aujourd’hui, un seul individu ou un seul parti ne peut régler les problèmes de la Côte d’Ivoire. Il s’agit de faire en sorte que nous allions aux élections et à partir de celles-ci, les Ivoiriens puissent choisir librement leur président et de là qu’on organise les autres procédures électorales.
LP : Martial Ahipeaud toujours candidat à la présidentielle ? Si oui, que compte-t-il faire pour le pays ? Car il ne faut pas oublier que dans le starting-block, il y a des poids lourds. 


M.A : Moi, je n’ai pas peur des poids lourds. Parce que d’abord les présidentielles ont un enjeu intellectuel. C’est-à-dire qu’il est important d’expliquer notre vision. Est-ce que les gens souhaitent vivre dans une société ivoiritaire, ultranationaliste ou dans une société démocratique et pacifiée où tout le monde a le droit de dire ce qu’il pense sans être inquiété ni par l’armée ni par la DST. C’est de cela qu’il s’agit. Les enjeux aussi sont les choix économiques que nous voulons opérer. Est-ce que nous devons applaudir parce que notre nation a été proclamée nation très pauvre et très endettée ou alors ne pas être défaitiste et faire en sorte d’être dynamique pour que notre économie soit boostée pour revenir dans le leadership des Nations. Voilà des questions et les propositions concrètes qui vont être évoquées au cours de cette campagne. Et nous n’avons pas peur des pachydermes. Il est vrai qu’on ne peut se comparer au PDCI qui a bâti la Côte d’Ivoire moderne ni au FPI et au RDR qui ont 19 et 15 ans d’existence. Mais au niveau des idées, nous sommes à égalité. Sinon nous avons certainement beaucoup plus qu’eux. Par ce que comme je vous l’ai déjà dit, les accords de Ouaga sont le fruit de nos réflexions. Je demeure comme je l’ai déjà dit avant, candidat pour la prochaine élection présidentielle.
LP : Martial Ahipeaud hier, premier secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire et à côté du général Robert Guéi. Martial Ahipeaud aujourd’hui, président de l’UDL. Homme de gauche ou homme de droite ? Que répondez-vous à ceux qui disent qu’ils ne comprennent pas votre trajectoire politique? 
M.A : Moi, je suis un homme de centre-gauche. C’est sur cette base qu’en 1990, j’ai rejoint le mouvement qui exigeait la démocratie. C’est-à-dire que je n’ai jamais été un extrémiste. J’ai toujours partagé les valeurs sociales et une vision économique fondée sur la gestion rationnelle des ressources contre le néo paternalisme qu’on a vu pendant le parti unique par exemple. L’essentiel, c’est la Côte d’Ivoire et le rêve ne compte pas. Chaque fois qu’il s’est agi des intérêts de la nation j’ai toujours mis cela au devant au détriment même de mes propres intérêts. A preuve, en 1990, mes intérêts étaient du côté de la présidence et non pas du côté de la rue. Et en 2000, j’aurais pu me taire face à ce qui se passait. Mais j’ai préféré faire la rupture officiellement avec le FPI. Sur la question, nous étions en désaccord total avec la tactique utilisée pour la prise du pouvoir. Parce qu’il faut que cela soit clair dans la tête de tout le monde. Je n’étais pas d’accord. Je l’ai signifié au président Gbagbo et j’ai agi en conformité. Et depuis lors vous ne m’avez pas vu avec un des deux camps. 

LP : Quelle est cette tactique avec laquelle vous n’étiez pas d’accord? 
M.A : Non, c’est très simple. Nous avons estimé que la transition militaire n’avait qu’un seul objectif. C’est-à-dire rédiger une Constitution démocratique si vous voulez, après les états généraux de la Nation. J’ai interpellé les uns et autres pendant cette période. Mais on m’a traité d’enfant. J’ai dit telle que les choses étaient menées, on allait aboutir à une confrontation entre les forces pro Ouattara et les forces pro Gbagbo. Mais à cette époque, lorsque nous avons fait toutes les démarches, on nous avait traité d’enfant. A cette époque, j’ai signifié aux camarades du Front populaire que je n’étais pas d’accord et que la transition devait nous servir à construire la démocratie. Et non être un point de départ d’une désintégration structurelle de notre pays à partir d’une Constitution qui était problématique. A partir de ce moment, je suis resté sur ma position. C’est-à-dire, refuser systématiquement de prendre position lorsque la guerre s’est déclenchée d’être au FPI ou prendre partie pour les Forces nouvelles. Ce choix j’aurais pu le faire plus aisément. Mais j’ai estimé qu’il fallait les ramener par une sorte de diplomatie en renouant le dialogue entre les deux camps pour que notre pays sorte de cette situation par la voie électorale. Donc, mon attitude est tout à fait cohérente de sorte qu’aujourd’hui elle ne m’a posé autre problème que ne pas participer à la gestion de l’Etat. Mais je l’assume. 

LP : Aujourd’hui, certains anciens membres de la FESCI tels que Karamako Yayoro, Blé Goudé, Blé Guirao pour ne citer que ceux-là animent la jeunesse des partis politiques. Vous en tant que premier secrétaire général de ce mouvement, quel bilan rétrospectif faites-vous ? Est-ce que ce qui se passe est ce que vous avez voulu à la création de la FESCI ? 

M.A : Disons que la FESCI n’a pas secrétée seulement Martial Ahipeaud, Blé Goudé, Blé Guirao et consorts. Je crois qu’il y a aussi des cadres de très grande valeur qui sont sortis de ce mouvement. Il y a aussi l’impact culturel qu’il ne faut pas occulter avec l’avènement du Zouglou, une musique typiquement ivoirienne qui a fait ses preuves. Sans oublier la mise en place de plusieurs institutions universitaires par le pouvoir d’alors à son corps défendant. L’apport est donc là. Mais, il ne faut pas oublier les dérives qui ont surgi à un certain moment. Le mouvement a basculé dans la violence inouïe et le racket à un certain moment. C’est pourquoi, je tiens à encourager la direction actuelle qui fait des efforts pour donner une dimension plus syndicale au mouvement. Ce qu’il faut savoir, c’est que les conditions sociales de 1990 à maintenant se sont considérablement détériorées dans le milieu estudiantin. Il ne faut pas occulter cela. Il faut certes que le mouvement se remette en cause, mais il ne faut pas reléguer au second plan, les conditions sociales des étudiants, si on veut mettre fin à cette situation.
LP : Vous faites partie de la génération montante de la politique en Côte d’Ivoire. Quel regard portez-vous sur vos aînés que sont Bédié, Ouattara, Gbagbo, Anaky, Mabri et autres ? 


M.A : Disons que je ne connais pas personnellement Bédié. Je n’ai pas eu le temps de le connaître en tant que président. Parce que j’ai dû quitter le pays au moment où il arrivait au pouvoir. Et quand je suis arrivé, il n’y était plus. Donc, je n’ai pas d’opinion personnelle sur lui. Le président Ouattara que j’ai connu quand on était tous en exil est un homme courageux que j’admire beaucoup. Parce qu’il faut beaucoup de courage pour continuer le combat dans le contexte dans lequel on était jusqu’aujourd’hui. Ce que j’apprécie chez Laurent Gbagbo, c’est sa cohérence en politique. On peut tout lui reprocher, mais il est d’une cohérence implacable. Lorsqu’il a une idée, il va jusqu’au bout. Et c’est sur cette base qu’il s’est comporté jusqu’aujourd’hui. Quand je prends toutes leurs qualités, pour la génération dont je suis issue dans le jeu politique, il faut avoir la détermination de Ouattara, aussi la cohérence de Gbagbo, mais surtout la sagesse du président Houphouët pour qu’on puisse éventuellement avoir un leadership nouveau à la tête du pays. 

LP : Concernant les élections, l’allure à laquelle est mené le processus, êtes-vous optimiste ou pessimiste ? 


M. A : Moi, je suis optimiste. Absolument optimiste. Car je suis persuadé que les Ivoiriens ne laisseront pas cette imposture continuer. De deux choses l’une. Il appartient aux hommes politiques de le comprendre, parce qu’ils connaissent le peuple et le peuple les connaît comme certains le disent et d’anticiper pour qu’on n’arrive pas à une dérive qui peut échapper à tout le monde. Et là , je crois que ce serait encore plus dommage , parce que notre responsabilité en tant que leader politique, c’est d’anticiper, de prévoir et faire en sorte qu’ à partir de nos actes, la Côte d’Ivoire progresse et non ne régresse. Donc, ce à quoi j’appelle nos aînés et les camarades de ma génération, c’est de faire en sorte qu’une deuxième crise ne nous surprenne pas. Et qu’en tant que leaders, nous puissions maîtriser notre histoire et donner une nouvelle dynamique à notre pays et une nouvelle espérance à notre peuple. Sans quoi, je crains que nous risquions d’être indexé par le tribunal de l’Histoire et par les générations futures comme ceux qui auront été les auteurs de la déchéance de notre Nation. 
NB: Le titre est de udlinfo M.A : Il ne s’agit pas seulement de condamner. Vous savez très bien que nous sommes dans un processus électoral. Il s’agit de faire en sorte que le chef de l’opposition ou l’un des chefs de l’opposition se rende compte qu’ils n’ont pas le droit de le faire. Surtout que cela a été fait en violation de tous les textes de loi qui régissent la République. Cela veut dire que lorsqu’on sera en plein processus électoral, des décisions aussi scandaleuses peuvent être prises et comme chacun ne défend que sa chapelle, évidemment, il n’y aura pas de solidarité. Moi, j’ai estimé que c’est extrêmement dangereux pour les leaders de l’opposition.M.A : Je pense qu’ici, il y a un devoir de cohérence ; parce que lorsque l’opposition critique le pouvoir, je pose la question de savoir c’est quel pouvoir dont elle parle. Lorsqu’on prend aujourd’hui le gouvernement, l’opposition y est majoritaire. Les décisions qui sont prises sont le fait du gouvernement. L’accord de Ouagadougou est aussi le fait du gouvernement. On a des institutions dans cet accord qui font que les deux grands leaders sont parties prenantes d’une procédure. Donc de deux choses, l’une. Soit on estime que la procédure telle qu’elle se passe n’est pas conforme à notre volonté et on en tire les conséquences. Premièrement, on démissionne du gouvernement. Deuxièmement, on mobilise le peuple et on exige un point tout à fait clair. Par exemple, nous, nous souhaitons que ce soit l’exigence des élections présidentielles. Mais on ne peut pas être dans le gouvernement, participer à tout ce qui s’y passe et puis après critiquer le pouvoir. Donc cela crée la confusion dans la tête des populations. Il aurait fallu que l’opposition dans un premier temps, tire les conclusions de sa propre turpitude et qu’à partir de là elle donne une direction claire au combat afin que chacun puisse se déterminer par rapport à cela. Mais, lorsqu’on est dans le gouvernement, on mange avec le président Gbagbo et puis après on le critique, je pense que cela ne fait pas sérieux. 

  

 

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