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www.connectionivoirienne.net – Interview du Dr Martial Ahipeau – 3ème partie le 5 février 2009

Posté par drmartialahipeaudpresse le 7 février 2009

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Interview Exclusive: Dr Joseph Martial Ahipeaud Président de l’UDL á cœur ouvert ! 3e partie

05/02/09  •  le Journal de Connection  •  Catégorie : Le Journal de Connection Ivoirienne

Par Gbansé Douadé Alexis -Rédacteur en chef du Journal de Connectionivoirienne.net

Pour lire les deux premières parties de l’interview suivez les liens ci-dessous:

Première partie

Deuxième partie

Premier Leader historique de la célèbre Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte-d’Ivoire (la FESCI), il veut être le prochain Président de la République de Côte-d’Ivoire. Depuis peu enseignant á l’Université de Bouaké, la Rédaction de Connectionivoirienne.net l’a récemment rencontré á Londres, où il était en visite de travail. Troisième et dernière partie d’une Interview inédite

Et aujourd’hui quelles sont vos relations avec M. Moriféré ?

Avec tous les responsables de l’ex gauche démocratique ce sont de très bon rapports. Quand je suis á Abidjan je les rencontre. C’est pas parce que nous avons des contradictions idéologiques que nous n’allons pas avoir des rapports personnels, moi je mets le combat politique en dehors de nos considérations personnelles. Par exemple je n’ai pas été d’accord avec le FPI sur la question de l’ivoirité, ça ne veut pas dire que j’ai des griefs personnels envers Laurent, au contraire ce sont des amis, ce sont des frères, ce sont des aînés que j’aime beaucoup, mais même si c’était mon père, même si c’était mes frères biologiques, s’ils avaient des positions idéologiques que je n’admets pas je ne vais pas les supporter, c’est une question d’éducation, c’est une question de principes, une question de principes politiques.

Vous avez quitté la Fesci, vous vous êtes retrouvé en Angleterre en 1994 et par la suite on vous a vu sympathiser avec le commandant Gaoudi Oulata, avec le Général Guéi et plus tard avec le Colonel Gnamien Konan, avec l’UDPCI. Qu’est ce qui motive cette démarche ? Apparemment il n’y a á première vue pas de logique ?

Avec la transition militaire, j’ai été appelé par Gaoudi personnellement parce qu’il m’a trouvé ici en Angleterre après avoir fait un détour dans un pays africain etc…Le principe c’était de les aider á résoudre les problèmes estudiantins, après je me suis rendu compte que la contradiction entre le FPI et le RDR allait aboutir á la guerre. Et donc quand je faisais mes analyses c’était seulement le général qui pouvait prévenir cela en restant plus au pouvoir mais par le biais de ces élections pour régler cette confrontation qui s’annonçait lourdement entre le FPI et le RDR. Bon, cela n’a pas réussi et donc ça a donné le résultat que nous connaissons aujourd’hui. Je regrette de n’avoir pas été capable de créer les conditions du succès de notre médiation entre ces deux aînés durant cette période. Avec le colonel Gnamien on s’est rencontré sur la plate-forme de la troisième voie. Nous souhaitons construire un ensemble politique différent des deux ensembles du CNRD et du RHDP. On s’était rencontré. Je lui avais expliqué que ce n’était pas une démarche cavalière mais que la procédure devait être fondamentalement collective. Malheureusement je pense qu’on ne s’est pas bien compris sur la méthodologie, ça ne veut pas dire qu’on ne va pas relancer nos relations. Mais aujourd’hui, moi je vois plutôt un mouvement social, je ne vois pas un mouvement individuel. Il ne s’agit pas pour Ahipeaud d’être président, il s’agit pour Ahipeaud d’emmener á une prise de conscience de l’ensemble de la société ivoirienne pour dire non á une société de connivence et de pillage et faire aboutir la procédure de réclamation ou si vous voulez d’exigence du respect de la démocratie et de la liberté individuelle dans notre pays. Voilà la question et la vision de la troisième voie. Malheureusement avec le colonel Gnamien on ne s’est pas encore bien compris, il est entrain de faire son expérience, de mon coté aussi je fais mon expérience, sûrement que par la grâce de Dieu on pourra se retrouver demain, si c’est la volonté de Dieu.

Cela veut dire que vous n’avez pas de contact en ce moment ? Vous n’avez pas un cadre de discussion ?

Non, Non pas du tout ! Il n’ya pas eu de rupture en tant que telle mais c’est-à-dire qu’il ya eu éloignement l’un vis-à-vis de l’autre. Mais je n’ai pas envie s’assumer les conséquences d’une démarche qui n’est pas mienne. Voilá ! Donc comme la méthodologie n’est pas encore celle á laquelle j’ai pensée, chacun doit pouvoir faire son expérience et puis on verra plus tard.

Quand vous parlez de méthodologie cela veut que vous vous pensiez á un mouvement d’ensemble, un mouvement plus collectif ?

Exactement. Moi je n’ai jamais vu la lutte politique comme une lutte individuelle. Je la vois plutôt comme une lutte collective. Et dans le cadre actuel de notre pays je pense que la sortie de crise doit être le fait de l’ensemble des ivoiriens. Alors que les deux grands ensembles d’aujourd’hui sont dans une dynamique personnelle, donc ce que nous devons faire c’est d’amener les ivoiriens á prendre conscience, á dénoncer la société de connivence et de pillage et puis de permettre á tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette dynamique-là, qui se disent que la CI doit être un pays démocratique, pas un pays pris en otage par quelques individus, pour que nous puissions nous retrouver tous et qu’on travaille á une sortie de crise effective. Mais ce n’est pas une affaire d’Ahipeaud, pas une affaire de Gnamien, ce n’est pas une affaire de Bamba mais c’est une affaire de l’ensemble de tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la procédure actuelle, dans le processus actuel.

Etes vous conscient du fait que les militants du FPI, du Front Populaire Ivoirien vous en veulent particulièrement pour vos choix effectués en 2000 ?

Pourquoi ils peuvent m’en vouloir ? Je suis un homme libre de choisir. J’ai mon opinion.

Mais eux ils estiment que vous étiez l’un des leurs ?

Non ! Vous savez il ne faut pas qu’on personnalise le débat. Moi j’ai été un enfant d’Houphouët Boigny. Vous voyez non !  En 90, j’ai estimé en âme et conscience qu’il fallait le multipartisme. J’ai lutté aux cotés de Laurent, aux cotés de Bamba, aux cotés de Zadi pour qu’on ait le multipartisme. C’est nous les étudiants qui avons amené le multipartisme. Quand il s’agissait de défendre le multipartisme et la démocratie on s’est battus jusqu’au bout. Vous comprenez ! Lorsqu’il y a eu le coup d’état, si Laurent a estimé qu’il pouvait adopter les thèses du PDCI tendance Bédié, notamment l’Ivoirité, moi je ne me reconnais pas dans cette tendance, je ne peux pas accepter de lutter dans ces conditions-là. Je l’ai exprimé clairement á Laurent. Je lui ai dit que je ne me reconnais pas dedans. Si nous nous retrouvions dans une dynamique comme on l’avait fait par le passé et que moi je faisais défection, là on pouvait éventuellement m’accuser d’avoir fait défection par rapport á nos grands principes de liberté, de lutte contre la corruption etc. Toutes ces valeurs ont été reléguées, ont été mises dans les armoires et aujourd’hui on a une gestion tout á fait calamiteuse de l’économie nationale. Vous voulez que nous qui avons lutté pour qu’il ait la transparence, la bonne gouvernance, pour qu’il y ait t la justice sociale comment voulez vous que, nous on assume une telle situation alors qu’en réalité ça n’a rien á voir avec nos convictions. Donc c’est pas des problèmes de personnes c’est une question de principe. Est-ce que les militants ils sont d’accord que ce qui se passe aujourd’hui, est-ce effectivement le reflet de leurs idéaux ? Moi je demande ça aux militants du FPI. Est-ce que c’est ce pour quoi ils ont lutté, ce pour quoi ils ont estimé que Houphouët ne devait pas gérer le pays, est ce que c’est ce qu’ils voulaient que le pays soit ? On ne peut pas m’accuser d’avoir compris très tôt qu’on n’était pas dans une bonne dynamique. Moi j’ai exigé qu’il y ait un débat, une confrontation pour qu’on sache la faute vient de qui ?

Lorsque qu’on aborde la question de l’ivoirité, eux ils disent qu’en 2000, le général Guéi a imposé le ET qui était signe d’exclusion et vous n’avez pas été á mesure de prendre vos distances vis-à-vis du Général ?

Non, c’est pas le général ! (un peu énervé) C’est pourquoi que je n’aime pas la mauvaise foi !

C’est pourquoi on fait une interview ?

Je n’aime pas la mauvaise foi parce que le général Guéi est venu, il a mis une Commission consultative constitutionnelle qui était la CCCE dont le président était Ouraga Obou si je me rappelle bien. Et les différentes composantes de cette commission étaient entre autres les partis politiques. Ce sont le FPI et les associations proches du PDCI qui ont fait une alliance á l’intérieur de la CCCE pour imposer une constitution écrite et proposée par le FPI. Mon ami Attéby William qui est aujourd’hui député FPI m’a dit en l’an 2000 que c’est eux…c’est lui qui a fait la proposition du ET. Donc faut pas qu’on change l’histoire pour éventuellement mettre ça sur le dos de quelqu’un. Quand on a fait quelque chose il faut l’assumer jusqu’au bout. Cette constitution est une proposition du FPI supportée par le PDCI au sein de la CCCE qui visait sur une base mécanique le RDR, et qui ont adopté la stratégie de l’émeute permanente pour éventuellement faire passer la constitution telle qu’elle est aujourd’hui. Moi en son temps j’avais alerté les différents protagonistes. Je leur avais dit que c’était pas responsable et qu’il fallait éviter de créer des conditions d’instabilité systémique. Parce qu’il s’agissait de construire un nouveau système ! Et aujourd’hui on est dans cette logique-là ! Si vous prenez cette constitution vous voyez très bien qu’il ya des éléments qui sont complètement faux dedans. De l’article 35 á l’article 45 c’est archi-merdieux, c’est vraiment, c’est du n’importe quoi qui a été écrit là, mais en même temps on se rend compte que cette constitution a été conçue pour gérer une situation de crise. Et donc nous autres quand on pousse un peu la réflexion on se rend compte que tout était chronométré. Quand aujourd’hui on nous soulève la thèse de la guerre civile comme étant la cause de tous les malheurs on s’interroge un peu !

Vous doutez en fait, vous n’y croyez pas ?

Non ! Quand vous prenez une constitution qui vous dit que en cas de crise le président reste en place, ça veut dire quoi ? Cela veut dire qu’on prévoit la crise ou bien ? Pourquoi peut-on prévoir une crise alors qu’on est supposé sortir d’une transition du parti unique vers la démocratie si c’est pas parce que on sait qu’on a introduit des éléments qui vont occasionner cette crise-là ?

Donc vous êtes d’accord avec ceux qui disent qu’il faut une troisième République ?

( Il hausse le ton) Nous disons que…nous pour nous depuis l’an 2000 á partir du moment où il était clairement inscrit dans la constitution que l’instabilité allait advenir, il fallait dépasser cela et puis rentrer dans la troisième république. C’est pourquoi aujourd’hui nous disons qu’il est important de revenir sur les questions de fond pour qu’effectivement nous adoptons une nouvelle démarche. Ces questions de fond imposent nécessairement la remise en cause, pas de la constitution en tant que telle mais quelques éléments, quelques articles de cette constitution. Les articles qui sont liés au pouvoir du président de la République. Comment pensez-vous qu’on rentre dans une démocratie et le Président de la République, il est l’alpha et l’oméga de tout l’Etat ? Cela n’est pas normal ! Comment pouvez-vous accepter que des gens qui disent qu’ils sont des démocrates acceptent le principe de l’élection á deux tours pour le président et après ils veulent seulement des élections a un tour pour les députés ? Tout simplement pour maintenir la logique des bastions ethniques. On ne peut pas accepter ça ! Il faut revoir tous ces éléments là.

En fait c’est le régime présidentiel même, le régime politique même qui est en jeu ?

Le système politique est un problème parce qu’il crée les conditions d’une monarchie clanique, puisque dans les faits le président devient un monarque et comme il dirige toujours avec un clan et si tu n’es pas dans ce clan-là tu as un problème dans le pays. Donc cela n’a rien á voir avec une question de Koudou ou de Bedié. C’est une question liée au système. Donc nous disons aujourd’hui qu’il faut changer le système. Comment pouvez vous comprendre qu’aujourd’hui un pays comme les Etats-Unis quand le président fait des nominations, mais ceux qui sont nommés ils sont obligés de passer devant le Senat pour être interviewés, interrogés et on fouille dans leur vie ce qu’ils ont posé comme actes pour qu’effectivement le parlement américain qui donne son avis. Mais en Côte-d’Ivoire le ministre il ne dépend pas, il ne répond de rien ! Il fait ce qu’il veut et puis le lendemain il est parti. Vous comprenez ? ce n’est pas normal. On ne peut pas construire notre pays sans pouvoir remettre tout cela en cause. Donc c’est vrai les accords de Ouaga sont entrain de trainer parce que justement il est important qu’on revienne sur cette procédure pour qu’on discute, qu’on adopte un nouveau système politique dans lequel le président si il doit demeurer il ne peut pas être le chef de toute l’administration ou alors dans lequel c’est lui seul… Par exemple qu’est ce que nous on avait proposé. On avait proposé que les élections présidentielle et législatives se tiennent en même temps. Mais pourquoi les trois partis ne prennent pas position par rapport á ça, parce qu’ils savent très bien que leur objectif c’est d’être président et ensuite de truquer les élections législatives. Dans une logique de manipulation toujours des procédures électorales. Donc vous comprenez que il y a des questions de fond qui se posent. Nous nous sommes une génération qui s’est battue pour la liberté, le multipartisme. Est-ce qu’on est satisfaits avec ce qui se passe ? C’est la question fondamentale á laquelle chacun d’entre nous doit répondre. Si on est satisfait on rentre dans le système et puis on se tait mais si on n’est pas satisfaits je pense qu’il faut se battre pour que cela change.

On va passer á la transition militaire. Quel était votre niveau de responsabilité dans l’équipe autour du général Guéi Robert ?

Pour vous répondre directement je n’ai eu aucune responsabilité, je n’ai occupé aucun poste, je n’ai eu aucune nomination du tout. Pendant la période de campagne électorale á partir d’Aout 2000, j’ai géré un peu et même pas officiellement, parce que dans l’équipe de campagne de Guéi ils ne m’ont même pas mis comme responsable de campagne des jeunes. Donc je n’ai même pas occupé de poste dans son entourage.

Mais vous avez quand même battu campagne pour lui ?

Oui j’ai battu campagne pour lui en tant que société civile.

En tant que société civile pour le Général Guéi Robert ?

Je n’étais pas dans son équipe de campagne, vous pouvez consulter toutes les archives pour cela. On avait estimé á cette époque que la guerre entre le FPI et le RDR allait conduire le pays dans le désordre donc il fallait éviter cela, sur cette base-là pour permettre á la stabilité de notre pays d’être il fallait permettre á Guéi de continuer le mandat.

Pendant les élections lorsque la tension est montée, aviez-vous accès au général Guéi Robert dans ces moments ?

Non. Moi j’ai fini la campagne le vendredi soir et puis je suis rentré. On a eu que 10 millions pour la campagne, il faut que je vous précise ça. Donc on a repartie cette somme entre toutes les associations. Et puis quand nous on a fini la campagne moi je suis rentré complètement éreinté. Samedi je suis tombé malade jusqu’à pratiquement le mardi, le mercredi. C’est donc au nom de la CAUSE (La Coalition pour la Stabilité en Eburnie) notre structure, que j’ai fait campagne pour Guéi parce que j’estimais que les dés étaient pipés et telles que les choses étaient on rentrait dans une dynamique de guerre.

Mais apparemment vous n’avez pas été bien compris ?

Je n’ai pas été bien compris parce que á cette époque le débat était piégé globalement. Parce que les partis dominant aujourd’hui sur l’échiquier politique avaient chacun leur agenda. Il faisait tout pour que ce soit leurs points de vue qui comptent. Guéi n’avait en tant quel tel pas un appareil politique, il s’est fait entouré pour l’essentiel des responsables du FPI et du PDCI. Sa direction de campagne était tenue pour l’essentiel par les cadres du PDCI très proches comme on le constate aujourd’hui de Bédié. Vous comprenez que l’individu n’étant pas un homme politique il s’est fait rouler dans la farine par la coalition du front patriotique qui était composée á cette époque du FPI et du PDCI. Donc, c’était normal ce qui s’est passé par la suite. Moi en réalité c’est sur une base de principe que, parce que j’avais clairement indiqué á Laurent (Gbagbo) que moi je n’étais pas pour que on lutte pendant 10 ans et á l’arrivée il y ait une gestion aussi approximative des conditions électorales. Donc c’est pour marquer mon désaccord officiel d’avec lui que j’ai soutenu Guéi. C’était ça ma position officielle ! Je pouvais si tu veux,… beaucoup de mes camarades m’ont reproché cela. Ils m’ont dit non toi tu n’as pas agit en homme politique tu as agit sur le coup de l’émotion ! Je peux le reconnaître mais moi je ne peux pas faire la politique dans ces conditions. Tu préfères, parce que tu penses que tu vas devenir un homme providentiel, tu préfères que les autres aillent á la casse-pipe et puis bon toi tu reviens comme un sauveur. Moi j’ai préféré faire ma rupture officielle avec tous ces camarades pour leur montrer mon désaccord total de la procédure et des questions de fond.

Mais par la suite vous avez rompu d’avec l’UDPCI ?

J’étais á Londres quand il ya eu la création de l’UDPCI. Avant de quitter Abidjan il ya eu la création de l’Alliance des Forces Démocratiques avec Ballo Yacouba, comme un parti. Moi j’étais maintenant á Londres entrain de finir ma thèse et le général m’a appelé pour me demander de faire en sorte que nous puissions rejoindre les anciens du PDCI qui étaient avec lui pour créer l’UDPCI, je lui avais dit que franchement j’estimais que c’était un peu difficile parce que eux ils avaient une idéologie, une vision différente de la mienne. Il m’avait rassuré comme quoi il fallait qu’on constitue un front et que même si nous on avait l’Alliance, il souhaitait qu’on soit autour de lui. C’est comme ça j’ai donné ma caution pour que les camarades de la CAUSE qui étaient les membres fondateurs de l’Alliance des Forces Démocratiques, que dirigent aujourd’hui Ballo Yacouba puissent rejoindre le parti que le général était entrain de mettre en place. Donc il a créé le parti, je n’étais pas á Abidjan et puis il a fait son bureau et il m’a mis dedans. Et on a même pas pu faire une réunion de bureau et il a été exécuté comme vous le savez. Je n’ai même pas pu participer á une réunion de direction de l’UDPCI. 

Qui sont ceux qui vous en voulaient devant la RTI le jour de la prise de pouvoir par Laurent Gbagbo ?

Non, personne ne m’a en voulu. Ce qui s’est passé ce jour lá, moi j’étais á la maison chez ma belle mère, une Libanaise (elle est aujourd’hui décédée paix á son âme), qui s’est fait d’ailleurs agressée par des gens au lendemain de la crise de 2002, je remercie ces camarades-là. Parce soit dit en passant cette dame, c’est elle est qui a servi de siège á la FESCI pendant toute la période où j’ai été Secrétaire Général, comme ils ne connaissent pas l’histoire ils ont violé vraiment un totem qui était vraiment grave. C’est cette bonne dame qui nous a servi de toit et de siège pendant toutes ces années de braise. Et les gens sont venus me trouver là pour me dire que le peuple exigeait que Guéi quitte le pouvoir. Moi j’étais malade, je leur ai dit mais moi je suis couché chez moi. Donc les gendarmes m’ont arrêté et puis bon on m’a entrainé devant la RTI où il ya avait des milliers de personnes dont certains ont fait mouvement vers moi, parce qu’on savait que j’avais une position de principe. Je suis resté là et puis après á 17 heures les militaires m’ont déposé chez mon grand-frère. J’ai attendu que la situation se calme et au mois de novembre je suis revenu á Londres.

Londres. Ça me donne l’occasion d’introduire un propos de l’un de vos camarades. Il dit ceci : « je lance un appel à nous retrouver afin de voir ensemble quels sont les voies et moyens que nous pouvons utiliser pour réorienter cette lutte. Notre pays a besoin de nous. Il faut que nous nous retrouvons d’une manière ou d’une autre pour réorienter cette lutte. Car, avec la guerre et le gouvernement actuel, nous voyons tous que l’objectif n’a pas été atteint » je cite ici votre camarade Lago Grécko lors de l’émission radio sur ce même portail, l’hommage au regretté Charles Groguhet. Qu’est ce qui s’est passé depuis lors au niveau des contacts et des initiatives ? Avez-vous contacter vos anciens camarades de la diaspora qui aujourd’hui sont des acteurs politiques ?

Disons que moi je suis retourné en Côte-d’Ivoire. J’y vie. Je suis sur le terrain entrain de mener le combat. Je dis qu’il est important que tous ceux qui se reconnaissent dans cette vision qui n’a jamais été différente de celle pour laquelle nous nous sommes battus, il est important qu’on se retrouve et donc je suis certainement de cet avis.

Je relance ma question. Avez-vous des contacts parce-que ceux-là c’est la génération ? Les Dékpai et tous les autres ?

Il faut qu’on se comprenne très bien. Pour la majorité on s’est retrouvés á Londres et d’autres camarades sont partis dans d’autres pays européens. Et á Londres moi je leur ai fait une proposition qui consistait á créer une structure économique qui allait nous permettre de soutenir financièrement l’organisation sur place parce que, effectivement il y a avait un danger de détournement idéologique sur la base des contraintes matérielles. Cette proposition a été rejetée en bloc par certains camarades qui estimaient qu’il fallait qu’ils créent un parti politique á cette époque là. Je leur avait dit que c’était prématuré. Ils ont créé les partis. Moi je me suis plutôt mis dans les mouvements associatifs pour la consolidation de la démocratie et pour la lutte contre l’ivoirité. Après quand il ya eu le coup d’état ceux qui ont créé leurs partis politiques ont toujours existé jusqu’aujourd’hui. Moi je suis revenu en Côte-d’Ivoire en 2008 pour éventuellement être sur le terrain. Je dis aux camarades de faire le bilan de nos activité et de se rendre á l’évidence. Pour moi, c’est le mot d’ordre de l’unité et d’actions sur la base d’analyses sereines de la situation qui doit aujourd’hui privilégier nos rapports. C’est par exemple le cas avec le camarade Dékpai et beaucoup d’autres camarades qui sont entrain de me parler en ce moment, c’est sur cette base que vraiment on est entrain de travailler.

Mais et les camarades comme Gérard, Apollos, Tohou ? Les deux derniers ont été responsables de partis politiques…

Non ils sont ! Il n’ont pas été. Ils sont encore.

Autant pour moi…

Disons que on a des contacts, pas avec tout le monde mais certains. Il faut dire aussi que certains ont pris des positions tout á fait claires dans la crise actuelle, dans lesquelles on ne se reconnaît pas. C’est pourquoi je dis que c’est pas une question d’amis, c’est une question d’idéologie. Donc si on a la même idée, la même vision on peut se retrouver pour voir comment on va mener le combat ensemble. La dernière fois que j’avais échangé avec Tohou Henri il était question qu’on se mette dans la dynamique de la 3e voie, puisque lui-même il ne se reconnaît pas dans les deux structures et puis finalement, bon je crois qu’ils (NDLR MLTCI-USP) ont monté une coalition et cette coalition n’a pas vraiment donné les résultats escomptés. Mais c’est pas ce qui est grave. Ce qui est important c’est qu’on fasse une analyse commune et qu’on se mette d’accord sur les modalités pratiques du combat. Je crois qu’aujourd’hui la Côte-d’Ivoire attend que ceux qui ne se   reconnaissent pas dans ce système de connivence et de pillage se mettent ensemble et qu’ils ramènent la liberté et la démocratie et qu’ils donnent un espoir pour le développement économique de notre pays. Vous savez très bien qu’aujourd’hui certaines rumeurs nous parviennent comme quoi certaines personnes veulent se mettre á manifester pour faire dérailler le processus de Ouaga alors que eux-mêmes ils ont signé des accords. Deux choses l’une. S’ils refusent les accords qu’ils le disent publiquement mais on ne peut pas mettre le pays dans un processus de chantage permanent et puis finalement on ne sait pas ce que les gens veulent. Donc moi je crois que c’est un sursaut, je dirai nationaliste et démocratique qu’il faut et á cela je crois que tous ceux qui se reconnaissent dans l’esprit FESCI devraient être á nos cotés, sur la même ligne pour que, on puisse mener ce combat.

A votre niveau la porte est donc ouverte ?

Moi je suis absolument ouvert. Pour les camarades du MLTCI vous savez très bien que Siriki Konaté était un militant du MLTCI, les statuts du MLTCI (NDLR Mouvement pour la Libération Totale de la Côte-d’Ivoire) c’est Siriki qui les a rédigés. Vous comprenez qu’en ce moment-là, ça suppose qu’au niveau de leur parti qu’ils fassent le point, quelle est leur positon actuelle ? Est-ce qu’ils sont toujours d’accord avec la dynamique actuelle au plan nationaliste dite patriotique ici ? Est-ce qu’ils sont d’accord pour qu’on continue avec la société de connivence. Bon! Je crois que c’est á leur niveau qu’ils doivent répondre á cette question. Et ils devront prendre une disposition par rapport aux perspectives. Mais en tout cas moi je ne me reconnais pas dans l’économie de connivence et de pillage qu’il y a dans ce pays et donc je pense qu’il faut qu’on fasse une ouverture assez large pour que tout le monde se sente concerné dans un combat commun.

Ça c’est au niveau de l’Europe mais au niveau du pays il y a quand même des camarades qui sont assez engagés comme Djué, comme Pikass, comme Blé Guirao , Yayoro etc.. au niveau de leur partis respectifs ?

Oui, mais eux ils sont des militants de leur parti on ne peut pas leur demander de quitter leur parti. Je crois qu’ils sont suffisamment responsables pour assumer leur rôle où leur fonction dans l’organisation interne de leur parti. Ce sont des amis, des camarades. Je suis souvent en contact avec le frère, le camarade Djué. On échange très souvent. Ce qui est intéressant c’est que même si on n’a pas les mêmes opinions on a quand même gardés des rapports tout á fait civilisés entre nous. Ça c’est très important.

Pour revenir á l’actualité. Le gouvernement ivoirien mène actuellement une campagne de presse afin de démontrer au monde que votre pays la Côte-d’Ivoire est un pays pauvre, donc éligible au programme PPTE. Comment réagissez vous face á cette démarche ? 

C’est comme si on faisait des calcules dans le genre pour qu’ils effacent nos dettes et puis á partir de ce moment on répare á zéro. Je crois clairement que c’est dans leur stratégie. Mais moi j’estime que c’est absolument scandaleux. C’est la même chose avec la signature des APE. Nous sommes toujours dans la stratégie de la quémande et ça je ne vois pas de futur dans cela. Il s’agit aujourd’hui d’avoir une élite politique capable de regarder les problèmes que nous avons et de trouver des solutions idoines. Mais il ne s’agit pas de faire la politique de la terre brulée tout en cherchant des pompiers demain pour les éteindre. En d’autres termes je crois très bien que ce que la Côte-d’Ivoire doit faire aujourd’hui c’est de changer d’équipe et de voir concrètement dans quelle direction elle doit partir. Les prochaines élections nous nous avons dit que c’est le choix entre ceux qui sont responsables de la situation actuelle et ceux qui ont refusé d’être dans cette dynamique.

C’est le choix que vous allez proposer aux ivoiriens ?

Justement ! c’est ca, les Ivoiriens doivent être très vigilants parce que si le même système revient, il est clair qu’il n’y aura pas de changement. Comment vous voulez que des gens compromis jusqu’à la moelle épinière puissent remettre les pratiques et les actions qu’ils ont posés jusqu’aujourd’hui en cause. Donc pour nous c’est clair il ne s’agit pas de lutter pour être classé comme PPTE, il s’agit de faire en sorte que notre pays rentre dans l’ère de son industrialisation, l’ère de son développement. C’est clair !

C’est pour quand la publication de votre projet de société, celui de l’UDL ?

Nous avons notre projet de société qui a été tellement pillé par un certain nombre de partis frères, nous attendons éventuellement notre congres et puis après notre congres publier. Beaucoup de nos idées sont déjà en circulation, sont déjà appliquées. Vous savez par exemple que dans le cadre de la stratégie de la décentralisation c’est nous qui proposons par exemple de réduire les régions, de les faire passer de 19 á 12 pour que, éventuellement ces régions correspondent aux entités anthropologique du pays, pour que effectivement au niveau de la composition démographique aussi ça corresponde á une réalité. Il ne s’agit pas de créer des régions comme par exemple celle de Bafing qui n’a même pas 200.000 habitants. Il s’agit aussi de faire en sorte que ces régions ait une entité de personnes pour qu’on puisse faire chaque année des bilans économiques ouverts. Dans notre programme nous avons aussi prévu le changement radical de la composition du Conseil économique et social. Nous souhaitons que le conseil économique devienne l’expression des agents de développement étatique que sont les conseils généraux et éventuellement les conseils régionaux que nous allons mettre en place. Vous voyez que nous avons beaucoup d’idées mais pour le moment on les laisse dans le tiroir en attendant d’y voir un peu plus clair dans ce qui va se passer. Certainement trois ou 4 mois avant la date des vraies élections on aura un programme qui est déjà prêt.

C’est une stratégie de communication que vous avez adoptée á l’UDL ?

Exactement !

Supposons que le Docteur Ahipeaud est élu Président de la République de Côte-d’Ivoire. Le nombre de ministres dans son gouvernement ?

24 !

Et pourquoi 24 ?

Parce que nous avons rationnalisé les postes ministériels et dans notre programme de gouvernement on a estimé que les 24 ministres correspondaient á ce qu’il faut pour gouverner la Côte-d’Ivoire et vraiment avec beaucoup de rationalité, avec une option tout á fait claire á la séparation des taches entre le Premier Ministre et le président et effectivement une orientation tout á fait particulière des différents ministères.

Le service militaire obligatoire ? L’UDL le réintroduit ?

Absolument ! Nous allons imposer le service militaire obligatoire. Nous considérons l’école et l’armée comme les lieux de formation á la citoyenneté.

Vous êtes docteur. Pourquoi ne pas continuer tranquillement votre carrière académique ?

Vous savez c’est vraiment la chose la plus facile á faire (rire). Devant les souffrances des populations, devant notre indignation est ce que on peut dormir tranquille en étant en occident ici entrain de gagner 50.000 pounds par an. Et puis ça vous rattrape automatiquement, parce que vous êtes obligés d’intervenir au quotidien auprès des populations. Ce que nous voulons faire, c’est vraiment un sacrifice de notre personne en même temps pour que effectivement au lieu que les ivoiriens qui sont á l’étranger soient obligés chaque fois de résoudre les problèmes locaux aux travers de leurs parents, il faut que l’Etat de Côte-d’Ivoire redevienne normal, et que l’économie de notre pays reprenne pour qu’effectivement la Côte-d’Ivoire soit ce qu’elle doit être. Non pas en tant que entité qui se recroqueville sur elle-même mais en tant que expression de la nouvelle Afrique, de la nouvelle dynamique noire qui aujourd’hui peut être représentée par la figure emblématique d’Obama. C’est-à-dire une Afrique, un continent qui gagne et non pas un continent où des pays qui sont toujours en déliquescence.

D’Accord. Supposons que vous êtes élus quels rapport entrevoyez vous avec la France, l’ancien colon ?

Nous, nous allons considérer la France comme un pays ami, un pays frère. C’est clair qu’aujourd’hui nous sommes á l’ère de la technologie, á l’ère de l’Internet donc les conditions ont changé. En 1960 quand on signait les accords de coopération on n’avait pas plus d’une trentaine de diplômés d’universités. Aujourd’hui comme je vous l’ai déjà dit, il ya quelques années de cela on avait jusqu’à 1000 médecins au chômage. Donc les contextes ont changé je crois que les réalités peuvent aussi changer. Mais c’est en toute responsabilité, en toute compréhension dans nos intérêts mutuels, je ne crois pas qu’il faut voir la France comme un pays ennemi, bien au contraire la classe politique actuelle française comprend elle-même la nécessité du changement dans une nouvelle dynamique.

Et l’armée, l’Armée ivoirienne quelle place d’ensemble lui donnez vous au niveau de la société ivoirienne ?

Ca sera une armée de développement.  Parce que nous estimons qu’elle doit avoir non seulement une fonction de défense nationale mais aussi doit intervenir activement dans le processus de reconstruction nationale au niveau des grands travaux, au niveau même surtout de la conception de la dimension culturelle et scientifique de notre pays. Nous ne pouvons pas entrevoir notre Nation se développer sans une infrastructure militaire capable de concevoir de la science, de la planifier, de la créer et de la faire avancer. Nous sommes dans une dynamique qui nous permettra éventuellement de positionner notre pays et notre armée comme des forces majeures de développement économique non seulement de notre pays mais de l’ensemble de la sous-région.

Un mot pour les ivoiriens, les pauvres, je veux parler de ceux qui, dans le rapport dernièrement sorti du ministère du plan vivent avec moins d’un dollar par jour ?

Moi je pense que cela ne peut être une fierté pour un ministre de la République de crier sur les ondes du monde que la Côte-d’Ivoire á la moitié de sa population qui vit avec 450 Francs.

C’est la même stratégie dont on parlait des PPTE, de l’admission …?

Oui bien sur ! Mais c’est ce que je dis, que c’est honteux. Je crois qu’on aurait pu fermer notre bouche et puis dire que vraiment on a honte de parler de cela. Parce que pendant ce temps ceux-là qui parlent de ça ne sont pas prêts d’être des pauvres.

C’est le paradoxe ?

Je crois qu’il est important que les ivoiriens se souviennent que l’objectif d’un Etat c’est pas d’appauvrir sa population pour bénéficier de quelques mesures que ce soit, mais c’est de faire en sorte que la richesse prenne de l’ampleur et de l’essor pour que tout le monde soit capable en regardant les autres d’en face d’être fier et d’être digne. Mais l’ indignité dans laquelle notre pays et notre peuple vit devait vraiment faire vomir les hommes politiques, et c’est ce sens qui m’anime et me conduit aujourd’hui dans ce combat.

En tout cas Docteur on a fini, nous avons presque fini, j’ai une toute dernière question pour vous. Votre dernier mot aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens ?

Je pense qu’aujourd’hui on est en 2009. Depuis 2000 nous nous avons alerté les ivoiriens. Nous leur avons dit que ce qui venait était très grave, il fallait assumer nos responsabilités. Il fallait éviter que l’imposture prenne en tout cas, prenne le pays en otage. Nous n’avons pas réussi cela. Aujourd’hui est ce que nous devons laisser faire ce qui se passe dans notre pays ? Est ce que on est fier ? Est ce que on est content de voir notre pays avec un taux de pauvreté aussi élevé ?   Comment aujourd’hui on peut être fier d’être un pays PPTE, la Côte-d’Ivoire ! Est-ce que en tant que jeunes dans notre pays on peut être fier de se considérer proche de la tombe á partir de 41 ans ? Vous savez très bien que l’espérance de vie aujourd’hui est descendue jusqu’à 41 ans ! Est ce que tout cela c’est quelque chose qui nous plait ? Moi je pense qu’il ya deux attitudes. Soit on estime que ce sont des choses normales, qui sont naturelles qui nous arrangent et alors on se complait la dedans. Ou alors on n’est pas d’accord et je pense que seule la lutte paye ! C’est le slogan que nous devons aujourd’hui répéter á l’ensemble des Ivoiriens. Il faut qu’on se lève, qu’on dresse la tete et qu’on dise non á l’imposture, non á l’ignominie, non en tout ce qui se passe pour qu’effectivement une nouvelle dynamique soit imposée. Il faut qu’on est la liberté de choisir notre président cette année et que ce nouveau président soit celui qui va ramener non seulement la paix, mais la prospérité dans notre nation. Je crois qu’aujourd’hui ce président sortira forcement des candidats de la troisième voie.

On a fini camarade !

Merci frère, ça été long hein !

C’est toi que je remercie!

 

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